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J’ai des reproches à vous faire

Journal Zibeline actualit culturelle

Zibeline va bien. La formule hebdomadaire, que nous parvenons à éditer presque toutes les semaines, rencontre un succès que nous n’attendions pas. Les abonnés sont contents et l’expriment, la place grandissante des sujets de politique culturelle et les feuilletons littéraires leur plaisent, les ventes en kiosques marchent bien.

Zibeline va bien. Le site de presse et nos réseaux sociaux ont gagné en visibilité et en visiteurs, les reportages vidéo et audio ont une cohorte de fans qui les attendent spécifiquement. Zibeline est devenu, en 12 ans, un lieu de dialogue entre les artistes, les opérateurs culturels et leur public, leurs financeurs. Nous recevons plus de 600 mails par jour nous demandant d’annoncer des événements, ou de venir les couvrir : les classer, les ouvrir et y répondre n’est pas la plus petite partie de notre travail…

Zibeline va bien. Les dossiers de presse des compagnies, des artistes et des lieux de la région reprennent nos critiques, une relation de confiance s’est instaurée entre les journalistes de Zibeline et les artistes, qui s’attendent à notre présence, à notre regard. Et les lieux culturels savent que nous sommes là pour parler de leurs projets, de leurs ambitions, de leur programmation.

Pas de la com’

Pourtant, pour la première fois, Zibeline est au bord de la cessation d’activité. Économiquement, on ne s’en sort plus. D’abord, avant tout, parce que la plupart des collectivités ont cessé d’acheter des encarts presse chez nous, à cause de stratégies globales de communication, ou simplement parce qu’ils ne sont pas contents que nous mettions en cause leur politique.

Mais ils ne sont pas les seuls responsables. Les opérateurs culturels le sont aussi.

Vous avez l’habitude que nous soyons là, pour annoncer vos événements et chroniquer vos créations. À tel point que vous avez cessé de prendre en compte notre réalité économique : celle-ci repose sur nos ventes, nos abonnements et la vente d’encarts publicitaires.

Si vous voulez communiquer sur vos événements, il ne faut pas nous passer un coup de fil, nous envoyer un mail ou organiser des conférences de presse, il faut acheter de la publicité. La mission d’un journal est l’information, pas la communication. Celle-ci a un coût, que nous ne pouvons supporter pour vous.

Or nous avons affaire, tous les jours, à des chargés de communication qui confondent communication et information. Qui veulent que l’on annonce leurs événements parce qu’ils savent que cela a un réel impact sur la fréquentation, mais n’ont « pas de budget pour des achats d’encarts ». Ni même pour des abonnements pour leur personnel.

Nous connaissons les difficultés actuelles des structures culturelles : il n’est pas de lieu où elles soient aussi clairement et fréquemment évoquées que dans Zibeline. Mais nous ne pouvons plus jouer notre rôle si les opérateurs culturels décident de ne pas acheter de com « par principe » (lequel ?), ou persistent à nous renvoyer à des chargés de communication qui ne connaissent pas l’histoire qui nous lie. Et qui veulent « diversifier leurs moyens de communication », « s’orienter vers une communication numérique », connaître notre « impact exact sur leur bassin de population ». Ou établir des « partenariats de visibilité », « faire gagner des places aux lecteurs », ce qui ne nous rapporte rien et nous coûte du travail…

Pas un service public

Zibeline, s’il rend un service au public, ne vit pas de subventions. Les subventions à la presse sont concentrées à Paris et ne concernent pas la presse spécialisée. Ce que nous faisons pour les artistes, pour le public, pour les institutions, nous le produisons en inventant notre modèle économique, c’est à dire en travaillant comme des brutes et en nous payant très mal. Les marchandages pour 20 ou 30 € de chargés de com’ nous affaiblissent, et nous découragent.

Nous vous demandons donc un peu d’attention, si vous voulez que Zibeline survive.

  • Chers artistes et opérateurs culturels qui nous remerciez si souvent d’être là, qui partagez nos articles quand ils parlent de vous, regardez un peu quel budget vous nous consacrez, et demandez-vous s’il est suffisant au regard du service rendu.
  • Chers lecteurs de notre site et de nos réseaux sociaux, demandez-vous avec quel argent nous finançons ce que vous lisez ou regardez, et abonnez-vous ou achetez Zibeline en kiosques.
  • Chers tous : nous avons lancé un financement participatif, vous êtes nombreux à le partager sur les réseaux sociaux. Vous pouvez aussi, facilement, à partir de 5 €, y contribuer. Nous avons vraiment besoin de vous, et si vous pensez que c’est réciproque, c’est maintenant qu’il faut agir.

AGNÈS FRESCHEL
Mars 2019

P.S : Il est des institutions culturelles qui jouent parfaitement le jeu. Que ceux-là, surtout, ne se sentent pas concernés par ces reproches, pas plus que nos si fidèles abonnés…

Pour contribuer à notre financement participatif : https://www.helloasso.com/associations/amicale-zibeline/collectes/zibeline-un-nouveau-site