Double dose pour la culture

Journal Zibeline actualit� culturelle

L’été des festivals bat son plein. De Veynes à Toulon, de Nice à Arles, d’Avignon à Montpellier, de Marseille à Forcalquier, les événements culturels s’additionnent à un rythme effréné. Expositions, spectacle vivant, cinéma, les propositions se concentrent voire se chevauchent sur les mêmes semaines. Si le public est volontaire et en demande, il ne peut se dédoubler. À l’arrivée du mois d’août la cadence ralentit, mais les musées, galeries et autres lieux d’expositions offrent une programmation riche et variée et accueillent les visiteurs portes grandes ouvertes.

L’essentialité de l’art et la culture, longtemps déniée par le gouvernement, ne se dément pas, de même que le virus ne semble pas disposé à nous oublier. Là où elle était nécessaire, la vérification du passe sanitaire aura provoqué quelques embouteillages, retardant parfois le début des festivités. Généralisée au 21 juillet, l’obligation vient une nouvelle fois chambouler les protocoles minutieusement élaborés au fil des mois. Sans surprise, les annonces présidentielles durcissent donc le ton à l’égard de celles et ceux qui rechignent à se faire vacciner. Certains y voient une intolérable atteinte à la liberté quand d’autres tancent les récalcitrants pour ce qu’ils considèrent être de l’irresponsabilité. Un problème de riches quand la majeure partie des habitants de la planète n’a pas accès aux doses protectrices.

Dans l’Hexagone se profilent pourtant de sérieux combats à mener. Les réformes de l’assurance chômage et des retraites relèvent d’un choix majeur de société : répartir les richesses et réorienter les profits aux records indécents ou graver dans le marbre du libéralisme les inégalités sociales et travailler jusqu’à en crever ?

La validation par le G20 d’une imposition minimale mondiale de 15% sur les bénéfices des sociétés dont le chiffre d’affaires annuel dépasse 750 millions d’euros est une avancée. Bien timide toutefois, puisque moins de 10 000 grandes entreprises seraient concernées. Quant au taux de 15%, il n’inquiétera sûrement pas les plus grosses fortunes mondiales au sommet desquelles figure Bernard Arnaud. Le patron de LVMH qui, commentant ses bons résultats financiers, déclarait il y a quelques mois : « Les crises nous rendent plus forts ». Un « nous » qui reste tout relatif.

En attendant la justice fiscale, injectons-nous une double dose de culture.

LUDOVIC TOMAS