Appel

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Élections départementales : le Front national est aux portes, dans le Var, le Vaucluse, et pas loin de partager les commandes dans les autres départements. Est-ce une fatalité ? Des discours alarmants, nouveaux, s’installent parmi ceux qui habituellement se mobilisent pour un vote républicain. Les socialistes ont beau jeu d’agiter encore le spectre du Front national, après tout, autant leur laisser une bonne fois pour toutes les commandes, et on verra ? Ou alors : De toute façon le choix n’existe pas, UMP et PS c’est aujourd’hui pareil, alors pourquoi voter ? Et puis : On ne sait pas quelles tractations auront lieu lors du troisième tour, on ne veut pas y tremper, d’autant que les départements disparaîtront après la réforme territoriale…

Autant de rumeurs relayées par des citoyens las qui n’ont pas mesuré le danger… Car les départements gèrent l’aide sociale, les collèges, la dépendance, la vie associative, la culture et le sport. Qu’en sera-t-il, concrètement, dans les territoires FN ? Savent-ils, ces citoyens blasés, qu’à Béziers Robert Ménard a fait baptiser une rue du nom d’un général putschiste et que la foule criait Algérie Française ? Est-ce là la France rancie que leur abstention désire ? Cela vaut-il le coup, vraiment, parce que cette fois on ne veut pas aller voter par défaut, de laisser le Front national parvenir au pouvoir ? Lui sait rassembler ses troupes, et peut être élu avec un tiers des votants qui représentent eux-mêmes un tiers des inscrits, donc moins de 10% des citoyens…

Le dilemme est grand. Faut-il aller voter pour des candidats dont on ne sait quelles seront leurs alliances, et leurs futures trahisons ? Faut-il se laisser aller à ce ras-le-bol face à des institutions sourdes à la souffrance du peuple ?

La crise démocratique risque aujourd’hui de nous mener au pire, d’autant que les journaux régionaux disparaissent, garantie d’un regard indépendant sur la vie politique locale, que plus personne n’analyse. La presse est muselée pour des raisons économiques, la gauche semble comme pétrifiée, la droite, tiraillée à son extrême, ne se remet pas de ses divisions et certains lorgnent vers des compromis infâmes. Seuls les citoyens, en se mobilisant, peuvent encore se préserver du pire.

AGNÈS FRESCHEL
Mars 2015

Autre appel :

En parlant de presse qui disparaît, nous ne savons pas si nous allons continuer à exister : les recettes publicitaires sont en berne, nos partenaires culturels coupant dans leurs budgets de communication, mais continuant à solliciter notre présence. Sans un sursaut de leur part, et de la vôtre qui pouvez adhérer, nous ne tiendrons pas. Aidez-nous si vous aimez nous lire…

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