Affinités électives

Journal Zibeline actualit� culturelle

Peut-on espérer voir des bourgeons d’avril ? 2013 est bien derrière nous, qui célébrait la culture sans savoir quelles fleurs en attendre… Aujourd’hui seule la Chambre de Commerce cherche à reprendre le flambeau, le Maire de Marseille veut remplacer l’année culturelle par une année du Sport, équivalente à ses yeux en termes de blason redoré… De fait, les Arts et la Culture ne sont un enjeu majeur pour aucun des candidats, même si l’école semble préoccuper chacun. Or que serait une éducation sans culture, sinon un dressage performatif, usinant à la chaîne des individus conformes à l’ordre social, sans sens critique ni désir de beauté ? Où sont donc les politiques qui voudraient encore un peu allumer le rêve ? La 5e puissance économique mondiale va-t-elle si mal qu’il ne s’agisse plus que de faire des économies et courber la tête ? Quel pauvre mirage peut faire passer pour le Messie un Pape riche qui fut agent de joueurs de foot ? Comment peut-on croire à ces candidats FN qui affichent leur haine des associations «immigrationnistes» ?

Du côté des autres, les lauréats possibles, la promesse faiblarde de garantir «un budget municipal constant» pour la culture semble le bout du monde. Quand l’État annonce sans rire une baisse de 18% du budget du ministère ? que les collectivités territoriales étranglées ne peuvent maintenir leur niveau d’intervention ? que le régime des intermittents est une fois de plus attaqué ? Entendez donc messieurs les politiques : les acteurs culturels qui font marcher l’économie vivent déjà, pour la plupart, dans la précarité sinon la pauvreté ; ils n’ont plus les moyens de créer, les maisons de théâtre proposent de moins en moins de spectacles, les cinémas ferment, les opéras déchantent, les médiathèques s’assombrissent, les musées ressassent leurs expositions, les festivals raccourcissent ; il est temps d’intervenir !

Avril fleurira-t-il ou reprendra-t-on, une fois de plus, la même route en changeant (ou pas) de chauffeur ? L’autobus brinquebale chaque jour un peu plus, et le pays est si riche…

LA RÉDACTION