Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub

Entretien avec la programmatrice et le directeur du Ciné Bistrot La Baleine, qui ouvre à Marseille

E la Baleine va !

Entretien avec la programmatrice et le directeur du Ciné Bistrot La Baleine, qui ouvre à Marseille - Zibeline

Nouvelle salle, nouveau concept à Marseille : le ciné-bistrot La Baleine ouvre sur le cours Julien. Rencontre avec sa programmatrice et son directeur.

Zibeline : Expliquez nous la filiation avec le cinéma Le Gyptis ?

Juliette Grimont : Le cinéma La Baleine a ouvert le 12 septembre. Ça fait plusieurs années qu’on développe ce projet avec Thomas Ordonneau, directeur de Shellac et Cyril Zimmermann, son associé. On avait envie de développer un type de cinéma qui nous tient à cœur. Notre expérience au Gyptis a été fondamentale et on va continuer avec des enjeux très particuliers, notamment l’insertion dans un quartier, avec une dimension très locale et très ambitieuse, un travail avec les habitants. Mais on avait envie de créer un autre modèle : un cinéma qui soit à la fois un bar, un resto, un lieu d’échanges, de rencontres, de conférences, d’activités pédagogiques, d’ateliers, un lieu où une petite librairie peut proposer des livres et dvd en complément de la programmation de la salle. Voilà : un cinéma comme LIEU DE VIE !

En même temps, La Baleine est un cinéma mono écran, qui se gère sans doute différemment d’un cinéma à salles multiples ?

J.G. : Notre objectif, c’est d’avoir 45 séances par semaine. Moins à l’ouverture, le temps de voir comment ça fonctionne. On augmentera petit à petit. Une 1ère séance à midi jusqu’à la séance de 20 h le soir. Et le matin des séances scolaires, La Baleine participant aux dispositifs d’éducation à l’image de l’Éducation nationale. Des séances à 22h, d’abord le vendredi soir ; à terme on espère proposer des séances de minuit. Comme le Gyptis, ce sera fermé le lundi.

La programmation sera-t-elle très différente de celle du Gyptis ?

J.G : On est ici sur une multiprogrammation. On va avoir pas mal de films à l’affiche. Les trois premières semaines, 28 films ! Ça nous permettra de mettre en avant des films plus « pointus ». Au Gyptis la capacité de la salle et son emplacement géographique ne permettent pas de travailler des films venus de cinématographies peu diffusées – réalisateurs asiatiques, africains, sud américains – ou ceux qui sortent sur très peu de copies. Il y aura donc beaucoup d’inédits.

On a voulu s’extraire de la contrainte de la programmation de sortie nationale, et proposer un modèle en complémentarité des cinémas de centre-ville qui font déjà ce travail. On prend le temps de choisir les films, indépendamment des impératifs purement économiques. Et puis de les accompagner. L’idée étant de faire un lieu très événementiel. Entre deux et quatre rencontres par semaine : réalisateurs, masters class, ateliers, avant-premières, animations pour les enfants, croisant toujours la dimension lieu de vie et cinéma. La proposition du resto se mettra aux couleurs de la programmation de la salle. Nous, on choisit les films avec soin pour des raisons bien précises. Ce sera pareil pour choisir le vin, les légumes du maraîcher du coin avec une logique locale et de saison.

Est-ce qu’il y aura des cycles thématiques comme au Gyptis ?

J.G : Le travail thématique est au Gyptis. Certains films peuvent circuler d’un lieu à l’autre et il peut y avoir des coproductions d’événements par exemple un film présenté au Gyptis par un réalisateur et une Carte blanche à La Baleine et une collaboration avec le Vidéodrome, ciné voisin avec lequel La Baleine travaillera aussi comme avec les autres cinés de centre-ville.

Quelle est la jauge de la salle ? Qui en est l’architecte ?

J.G : La jauge est de 89 places, une taille adaptée à la programmation de films ambitieux. On a voulu faire un lieu élégant où on se sente bien, où on prend plaisir à passer le temps. L’architecte, Olivier Moreux, est un indépendant qui avait été chargé de la rénovation du Gyptis. Il a créé une belle salle avec une grande hauteur sous plafond, gardé apparente la charpente de l’ancien séchoir à bananes. Les fauteuils dorés à assise fixe sont confortables avec un bon espacement entre les rangées. Le cinéma est évidemment accessible aux personnes à mobilité réduite.

Combien a coûté le cinéma ? Qui a financé ce projet ?

J.G : Environ 600 000 euros. Le financement a été assuré par le Centre National du Cinéma, qui nous soutient depuis le début, intéressé par notre projet inspiré du rapport de Jean-Marie Dura sur les nouveaux modèles de cinéma, les expérimentations pour renforcer le lien entre le spectateur et la salle en concevant des lieux de vie. La Ville de Marseille aussi, et pour une part non négligeable, Thomas Ordonneau et Cyril Zimmermann. Nous ferons fonctionner le lieu avec une équipe de neuf personnes.

Pouvez-vous nous parler de vous et de votre projet pour le resto ?

Nicolas Grasset : Je suis originaire de Marseille. J’ai travaillé dans d’autres domaines que le cinéma. L’offre de resto ne sera efficiente qu’après Noël ; d’abord on fonctionnera avec des assiettes de charcuterie, des tapas. Nous travaillons avec l’Equipe de La Mercerie pour la mise au point de la carte et la formation du personnel. Peu de vins, mais bios, fournis par Plus Belle la Vigne. Des produits frais à partager. On doit pouvoir fonctionner à toute heure, rester flexible en conservant la qualité des produits. J’étais tout à l’heure avec le torréfacteur des cafés Luciani pour choisir un mélange « spécial La Baleine »

Quelle sera votre politique tarifaire ?

N.G. : On doit pouvoir passer une journée ou une soirée sans se ruiner, mais en gardant la qualité.

J.G. : Pour le ciné, on s’aligne sur les cinés de centre ville : 9 € avec tarifs dégressifs, carte abonnements et formules avec le resto.

Entretien réalisé par ELISE PADOVANI et ANNIE GAVA
Septembre 2018


Cinéma La Baleine
59 Cours Julien
13006 Marseille
04 13 25 17 17
labaleinemarseille.com