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La scène nationale du Merlan demande un droit de réponse au Journal Zibeline

Droit de réponse

La scène nationale du Merlan demande un droit de réponse au Journal Zibeline - Zibeline

La scène nationale du Merlan a souhaité réagir à un article paru dans notre édition précédente. Nous lui ouvrons donc nos colonnes, et répondons par quelques précisions.

Après lecture de votre article paru dans le n°78 de Zibeline intitulé «Les problèmes du Merlan» et sans remettre en cause votre liberté d’opinion et d’expression, l’équipe du Merlan souhaite pouvoir rectifier dans vos pages des inexactitudes concernant sa programmation en cours et le public qu’elle est censée concerner.

Vous vous demandez si le Merlan, en attente de sa nouvelle direction,  «a bien une saison», mentionnant «quelques dates et une création de François Cervantes».

Outre, en effet, cette Épopée du grand Nord sur laquelle cet artiste travaille depuis plusieurs mois, la saison 2014/2015 du Merlan (programmée par Nathalie Marteau et Jean-Marc Diebold avant leur départ) compte 10 autres créations, dont trois 1ères. Ce soutien à la création, axe essentiel de l’action du Merlan, se concrétise surtout dès la genèse des projets des artistes : accompagnement en coproduction (12 en 2014/2015), accueils en résidence de répétition ou de recherche. Nous pouvons également nous réjouir d’accueillir, entre autres, Vader de Peeping Tom ou encore The roots de Kader Attou – Cie Accrorap. Citons aussi des partenariats importants et surtout pérennes avec les festivals Actoral, Dansem, Parallèle, Groove 13 et la nouvelle Biennale Internationale des Arts du Cirque. En tout Le Merlan propose 48 représentations. S’y ajoute une trentaine d’autres rendez-vous faisant partie des actions artistiques gratuites et ouvertes au public : ateliers, stages, projets participatifs et éducatifs, répétitions générales, restitutions de travail de compagnies en résidence (Camille Boitel, Carole Errante, Gustavo Giacosa, Edith Amselem…).

Vous écrivez que les formes que nous proposons «n’intéressent à peu près que le public professionnel». Nous invitons à consulter nos dernières statistiques de fréquentation (www.merlan.org/lannexe/detail/etude-public/). Nous nous prévalons d’un public fidèle, et sûrement l’un des plus jeunes des scènes nationales : 40% de notre public a moins de 35 ans, et 20% provient des 4 arrondissements du nord de Marseille. Nous ne considérons pas ces pourcentages comme suffisants, mais ils ne méritent pas, pourtant, de ne pas être mentionnés.

Merci, enfin, à vous, et à votre équipe pour ce droit de réponse et le travail que vous menez courageusement pour diffuser la culture et les cultures sur Marseille et son territoire.

Jeanne-Valérie Held, directrice du pole public et communication
le Merlan, scène nationale à Marseille

Précisions de la rédaction

Nous remercions à notre tour l’équipe du Merlan pour l’attention qu’elle porte à Zibeline et à ses articles, et pour la reconnaissance qu’elle a de notre travail.

Nous tenons cependant à préciser plusieurs choses.

L’enquête « public » qui est citée a été réalisée dans les conditions d’un stage. C’est un travail précis et aux conclusions bien tirées, mais qui porte sur le dépouillement de 316 questionnaires, recueillis lors de 4 spectacles seulement. En tirer des conclusions sur la composition générale du public du Merlan est peu prudent : ainsi les 0,3% d’ouvriers représentent par exemple 1 seul spectateur. On sait par ailleurs que dans les enquêtes de satisfaction, seuls certains «profils» de spectateurs répondent, en général plutôt ceux qui sont satisfaits, et que les professionnels présents s’en abstiennent : si 316 spectateurs ont répondu parmi les 2143 personnes présentes lors des 10 représentations retenues, ils ne sont sans doute pas représentatifs du public d’une saison du Merlan, et un sondage diligenté par une scène nationale devrait reposer, après cette enquête rapide, sur un échantillon plus large, avec des outils de pondération sérieux.

Par ailleurs, nous n’avons jamais remis en cause l’équipe du Merlan : travailler pour cette scène nationale située au cœur d’arrondissements pauvres et délaissés est particulièrement difficile. Les actions artistiques auxquelles il est fait référence, l’attention particulière portée à la création, la capacité de construire des partenariats au long cours avec les manifestations accueillies en ses murs, sont effectivement un des traits caractéristiques de la programmation, précieuse, de la scène nationale. Et c’est parce que nous considérons le Merlan comme indispensable et précieux, que nous avons déploré le petit nombre de spectacles programmés en 2014 : une vingtaine de représentations entre janvier et juin dans la salle, puis cinq soirées proposées entre octobre et décembre, dont deux par Actoral et une par Dansem… Si à partir de janvier la programmation redémarre effectivement, la pauvreté de l’année qui s’achève est indéniable, et la presse est en droit, voire en devoir, de le constater.

Agnès Freschel, Zibeline

Novembre 2014


Théâtre le Merlan
Scène Nationale
Avenue Raimu
13014 Marseille
04 91 11 19 30
http://www.merlan.org/