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Zibeline publie un droit de réponse demandé par le Théâtre Toursky

Droit de réponse du Théâtre Toursky à Zibeline

Marseille, le 18 juin 2019

Les faits, les chiffres, la vérité :

En réponse à Madame d’Estienne d’Orves qui affirme à Zibeline que « c’est un grand échec pour elle de ne pas être parvenue à travailler avec Richard Martin comme elle le fait avec les autres et qu’il a été impossible pour eux (sous-entendant la Ville) de s’asseoir avec le Toursky autour d’une table et de bâtir un projet de territoire et un projet d’avenir pour ce théâtre », nous répliquons de qui se moque t-elle ? Nous sommes en colère justement parce que depuis 2015, nous n’avons eu de cesse de demander à la Ville, par courriers ou par mails, (à Monsieur Gaudin, à Monsieur Cavalier, à Madame d’Estienne d’Orves) des rendez-vous pour évoquer avec eux l’avenir de ce théâtre depuis la gestion de la nouvelle salle Léo Ferré. Nous tenons à disposition tous nos mails et courriers où nous demandons des rendez-vous avec la Ville. À l’inverse, Madame d’Estienne d’Orves et son administration peuvent-ils, eux, fournir un courrier, une notification ou un mail dans lequel ces derniers demanderaient au Toursky une rencontre pour pouvoir bâtir ensemble un projet d’avenir pour le Toursky ?

Nous défions Madame d’Estienne d’Orves de justifier ses dires. La vérité est que nous avons réussi seulement deux fois en 6 ans à voir Madame d’Estienne d’Orves. Deux rendez-vous courts durant lesquels nous lui avons exposé nos vives inquiétudes face aux difficultés financières que le Toursky n’allait pas manquer de rencontrer sans soutien dédié pour la gestion de la nouvelle salle Léo Ferré.

Nous avons rappelé à Madame d’Estienne d’Orves, la promesse de Monsieur Gaudin de soutenir cet espace, promesse faite publiquement en janvier 2014 lors de sa création. Madame d’Estienne d’Orves nous a répondu qu’elle allait réfléchir et qu’elle nous donnerait sa réponse. Nous attendons toujours aujourd’hui sa réponse malgré nos relances. Devant l’urgence de la situation, le Toursky s’est alors démené pour organiser deux tables rondes en présence de tous les partenaires institutionnels. À l’issue de la deuxième table ronde, en mai 2017, attentifs aux problèmes du Toursky, le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, le Conseil Régional PACA, la DRAC PACA ont eux annoncé une aide spécifique de 50 000 euros pour l’Espace Léo Ferré. Seule, la Ville de Marseille n’a pas tenu ses promesses et n’a apporté aucun soutien financier supplémentaire. Mais Monsieur Cavalier s’était engagé publiquement devant les institutions à maintenir les subventions du Toursky. Fin de la dernière table ronde. Puis, nous n’avons plus jamais eu aucune nouvelle de la Ville, aucun rendez-vous accordé, aucune rencontre. Alors quand Madame d’Estienne d’Orves affirme qu’il aura été impossible de s’asseoir à une table avec nous pour discuter, cela renforce notre colère et notre détermination à combattre ses mensonges, sa volonté de manipuler l’opinion publique pour cacher sa politique calamiteuse envers le Toursky. Car en réalité, Madame d’Estienne d’Orves, manipulant cyniquement les faits, et alors qu’elle savait parfaitement que nous étions en difficulté, nous a retiré 170 000 euros en deux ans, en plein exercice et en plein effort de redressement interne, anéantissant totalement, et de façon incompréhensible, les aides des autres institutions. Un piège mortel et volontaire organisé par cette dame contre le Toursky, son travail, ses actions, ses salariés.

Nous avons écrit et demandé un rendez-vous à Monsieur Gaudin. Nous n’avons reçu aucune réponse. La seule réponse de la Ville a été l’annonce par communiqué de presse trois jours avant notre propre conférence de presse de leur volonté de « réaliser un audit pour vérifier si le projet culturel du Toursky est en adéquation avec le projet culturel de la ville ». C’est indécent. De qui se moque t-on ? Après 24 ans de règne sur la Ville, et après tout le bien que Monsieur Gaudin ou Madame d’Estienne d’Orves disent sur le Toursky ou de Richard Martin : « un lieu historique et nécessaire, une figure incontournable de la Ville, un artiste fantastique avec un cœur énorme… » et à quelques mois de leur départ, Madame d’Estienne d’Orves affirme qu’il faut faire un audit sur l’utilité du Toursky et sur son avenir, alors même qu’elle sait, et que Monsieur Gaudin l’avait promis publiquement, que le Toursky a besoin de soutien supplémentaire depuis l’existence de sa nouvelle salle Léo Ferré. Tous les autres théâtres, quand la Ville leur a confié une salle supplémentaire à gérer ont reçu des soutiens supplémentaires ou ont hérité des subventions que les théâtres avaient avant leur rapprochement. Un théâtre a besoin pour exister d’aide dédiée. Il n’y a que le Toursky qui s’est vu supprimer des subventions malgré toutes ses activités, son rayonnement international, ses actions, son travail dans le quartier le plus défavorisé et le plus pauvre de Marseille et d’Europe. Alors que justement c’est ce quartier et ce théâtre qui ont le plus besoin d’aides des institutions publiques, au contraire ces dernières se désengagent. Et aussi, quand Madame d’Estienne d’Orves et Monsieur Gaudin reconnaissent que ce théâtre est « plein, dynamique », « qu’il ne faut pas écrire un autre projet » mais « l’aider à écrire la suite » et vérifier à travers un audit que le projet du Toursky est en adéquation avec le projet du territoire, de qui se moque t-on ? Cela fait 50 ans que le Toursky fait rayonner, y compris sur le plan international, ce territoire abandonné et oublié par tous et de tous.

Devant un tel mépris, nous avons donc décidé de « rentrer en résistance active ».

Par ailleurs, dans son article paru le 31 mai, la journaliste de Zibeline demande à Richard Martin de rendre public son salaire ainsi que celui de Françoise Delvalée, car dit-elle « on parle aussi de votre salaire et de celui de votre administratrice, qui est aussi votre femme », sans indiquer qui est ce « on ». Des rumeurs terribles, selon elle, circuleraient à ce sujet, sans indiquer quelles rumeurs. Sous la pression, choqués par de telles calomnies, et n’ayant en réalité rien à cacher, nous avons donc finalement accepté de rendre public le salaire de l’équipe dirigeante. Mais tout le monde s’interroge. Car, dans ce cas, pourquoi ne pas rendre public la grille des salaires de l’ensemble des directeurs de théâtres ou festivals marseillais ? Pourquoi le Toursky subit-il de telles insinuations ? Pourquoi autant de fantasmes ? Et tout le monde s’interroge aussi sur le traitement réservé à Françoise Delvalée. C’est de l’anti-féminisme absolu. Françoise Delvalée n’est pas administratrice et directrice de communication parce qu’elle est la femme de Richard Martin mais bien pour ses qualités professionnelles, reconnues par tous et de tous.

Nous contestons aussi les affirmations de Madame d’Estienne d’Orves qui décidément a des problèmes soit avec les chiffres, soit avec la vérité sur le Festival de Jazz des 5 Continents qu’elle a longtemps dirigé et sur lequel elle ose proclamer : « depuis que je suis adjointe à la culture, je suis particulièrement attentive à ne pas les augmenter… Leur subvention a baissé depuis 2014 et ils m’en veulent un peu. »

Pourtant tout le monde peut vérifier sur le site officiel de : subventions mairie.marseille.fr

pour le Festival de Jazz des 5 continents :

Avant l’arrivée de Madame d’Estienne d’Orves : année 2014 : 965 000 euros

Après l’arrivée de Madame d’Estienne d’Orves : année 2017 : 1 034 000 euros.

Donc, le Festival de Jazz des 5 continents a bien bénéficié d’une augmentation totale de 69 000 euros pour 15 jours de programmation et 6 à 9 salariés.

Nous nous en réjouissons sincèrement pour lui. Quant au Toursky, nous persistons et nous signons, nous avons été amputés de 85 000 euros. Nos subventions ont régressé, malgré une salle supplémentaire à gérer et la promesse de Monsieur Gaudin de soutenir davantage le Toursky, à 945 000 euros soit un saut en arrière de 24 ans ! Pour un an de programmation pleine, deux salles à gérer et 35 salariés.

Nous attendons sereinement les poursuites en diffamation de Madame d’Estienne d’Orves. Et nous lui disons aussi publiquement que nous sommes d’accord avec son affirmation : c’est bien d’argent public dont il s’agit. Cet argent public est l’argent de nos impôts. Et elle ne peut le distribuer au gré de ses envies, amitiés ou intérêts… ou le retirer au gré de ses antipathies ou inimitiés.

Est-ce le souhait des citoyens de cette ville que Monsieur Gaudin ne tienne pas ses promesses de soutenir davantage le Toursky, pourtant si cher au coeur des Marseillais et bien au-delà car le public vient de Bretagne, de Belgique, d’Allemagne, de Paris, de Corse, de Montpellier, de Nice, Monaco…, mais aussi cher au coeur des centaines d’artistes qui le soutiennent ?

Nous rentrons en résistance active au point d’aller jusqu’à une grève de la faim le 28 septembre justement parce que Madame d’Estienne d’Orves maltraite ce Théâtre. Nous combattrons toutes les fausses déclarations publiques sur le Toursky dans le seul but de manipuler l’opinion publique.

Et aussi, à l’encadré de Madame Freschel intitulé « La faim, les fées, les faits », qui interpelle « l’homme de gauche » Richard Martin et fait référence à deux principes de Proudhon : « La possession en droit, ne pouvant jamais demeurer fixe, il est impossible, en fait, qu’elle devienne propriété », ajoutant également « ainsi l’occupant d’un lieu, même lorsqu’il en est créateur, n’en est jamais que l’usufruitier, placé sous la surveillance de la société, soumis à la condition du travail et à la loi de l’égalité », nous répondons que justement nous voulons être traités de façon équitable et égale avec les autres théâtres et festivals. Donc si un audit doit être réalisé sur le Toursky, il faudrait qu’un audit général, indépendant et totalement neutre, soit réalisé sur l’ensemble des théâtres et festivals de la Ville.

Madame Freschel souligne aussi que depuis 50 ans, les luttes de Richard Martin sont « dantesques et magnifiques et que le public le suit avec enthousiasme », mais elle écrit qu’il « faudra un jour que Richard Martin laisse des fées bienveillantes penser à l’avenir du lieu qu’il a créé. Sans le vouer aux Fées Carabosses ! ». Déjà nous nous interrogeons sur ce genre de position et nous rassurons Madame Freschel : Richard Martin est bien assez grand et clairvoyant pour s’occuper de l’avenir d’un lieu qu’il a créé. Que beaucoup de Fées bienveillantes de Léo Ferré à Barbara Hendrix, de Madame Charles-Roux à Monsieur Vigouroux, se sont toujours penchées sur ce Théâtre et que de nouvelles nous accompagnent toujours. Quant aux Fées Carabosses, et bien justement c’est ce que le Toursky combat depuis toujours et encore aujourd’hui en rentrant en résistance active.