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L’attribution des Ateliers d’artistes par la Ville de Marseille prête à polémique

Des ateliers pour les artistes !

L’attribution des Ateliers d’artistes par la Ville de Marseille prête à polémique - Zibeline

La polémique a enflé, dans la presse et les réseaux sociaux, à propos de l’attribution des Ateliers d’artistes par la Ville de Marseille : ces locaux de travail à prix très modérés auraient été attribués par les associations Triangle et Astérides, chargées par la ville d’accompagner les artistes, à des résidents actuels ou récents de leur propre structure. Et ces artistes ne correspondraient pas aux critères d’attribution, parce que trop internationaux et pas assez marseillais, parce que déjà soutenu par des galeries et pas émergents, parce qu’aucun n’est issu de l’école supérieure des Beaux-arts de Marseille.

La rumeur a couru, non démentie, puis elle a désenflé : il se trouve que Triangle-Astérides n’est pas membre de la commission d’attribution des ateliers et n’a pas pu favoriser ses poulains. Et que les fameux artistes internationaux sont pour la plupart au RSA, même s’ils ont reçu pour certains des prix prestigieux : c’est la triste réalité économique des plasticiens.

Pourquoi donc cette polémique ?

Anne-Marie d’Estienne d’Orves, adjointe à la Culture de la Ville de Marseille, donne plusieurs raisons au mécontentement : « Les artistes sont de plus en plus nombreux à éprouver des difficultés financières, et certains qui n’auraient jamais demandé à bénéficier de ce dispositif le font aujourd’hui. La qualité de l’accompagnement proposé par Triangle-Astérides explique aussi le grand nombre de candidats, et l’approche de Manifesta, qui rend Marseille encore plus attractive pour les artistes contemporains : il y a 2 ans, nous avions examiné moins de 50 dossiers, cette fois il y en avait près de 150, de très grande qualité. Le fait d’avoir une résidence à Marseille est un critère incontournable. Celui d’y avoir été formé, ou d’y être né, évidemment pas. Et c’est bien sûr la qualité du projet, sur deux ans, qui guide le choix de la commission. »

Reste que la polémique n’aurait pas eu lieu si la deuxième ville de France mettait plus de 17 ateliers à la disposition de ses artistes. Venus d’ici, ou d’ailleurs.

AGNÈS FRESCHEL
Mars 2019

ateliersvilledemarseille.fr

Photo : Atelier d’Adrien Vescovi, cours Lieutaud, Marseille, 2019 © Adrien Vescovi