La Compagnie Voyages Imaginaires et "La fabuleuse histoire d’Edmond Rostand"

De passion et de doute

• 23 novembre 2018, 27 novembre 2018, 29 novembre 2018 •
La Compagnie Voyages Imaginaires et

Le nouveau spectacle de la Cie Voyages Imaginaires, La fabuleuse histoire d’Edmond Rostand, est une « Épopée-performance ». Entretien avec Philippe Car, directeur, metteur en scène de la compagnie et acteur unique de cette fresque.

Zibeline : Pourquoi Edmond Rostand ?

Philippe Car : Un descendant de la famille Rostand est venu trouver Dominique Bluzet car il cherchait quelqu’un pour monter une pièce peu connue d’Edmond Rostand, la plus belle pourtant, selon lui et sa famille, Chanteclerc. C’est l’histoire d’un coq qui fait lever le soleil. Dominique Bluzet me l’a proposée. À force de me documenter sur la vie d’Edmond Rostand, je l’ai trouvée si passionnante que j’ai proposé à sa famille de raconter son histoire : il s’est battu toute sa vie pour un théâtre populaire et son existence se confond avec un moment de l’histoire de théâtre. Il a été un précurseur en termes de mise en scène, il a non seulement écrit des pièces mais aussi fabriqué des spectacles, véritables shows à l’époque, puisque la plupart de ses pièces comprenait plus de quatre-vingts personnages. Même si on ne peut le considérer comme un devancier de Jean Vilar, il a prolongé l’époque romantique pour un théâtre épique, chargé de thèmes populaires.

Vous citez Rostand qui insiste sur la nécessité d’un « théâtre poétique et même héroïque ». Est-ce ce qui vous a conduit dans votre processus de création ?

Pour donner l’image de ce personnage protéiforme et très inventif, il fallait créer une forme à son image, très riche, et donner cette impression d’un foisonnement de personnages. Cette histoire qui englobe toute la vie de ce génial dramaturge est de l’ordre de l’épopée, teintée d’une force tragique poignante. Passionné par son métier, par l’écriture, par le théâtre, il a connu un immense succès puis est mort quasiment tout seul. Il y a quelque chose d’assez comique dans l’effort surhumain de cet homme pour produire des spectacles innovants, et qui en même temps doute énormément de lui, toute sa vie. Edmond Rostand, c’est la passion et le doute.

Ces personnages sont tour à tour des êtres réels, Rostand lui-même, les acteurs qui ont interprété ses pièces, et les êtres qu’il a créés. Le traitement est-il le même ?

Je raconte toujours Rostand dans l’effort d’écriture, de mise en scène et de répétition avec ses acteurs. Si l’on assiste à des moments de ses pièces, les personnages jouent toujours derrière l’acteur. Il n’y a pas vraiment de différence pour moi quand j’interprète un personnage de ses pièces et que j’interprète un acteur qui la joue. C’est toujours l’histoire des acteurs qui jouent des pièces.

Comment s’est articulé le travail avec la musique ?

Vincent Trouble, le compositeur, prépare des thèmes, des mélodies, qui correspondent soit aux personnages soit aux pièces. Lors du travail des scènes, nous essayons diverses propositions. Le plus difficile pour Vincent était d’écrire pour la kora africaine que joue Nicolas Paradis. Il y a quelque chose de très juste dans ce petit instrument qui a l’habitude d’accompagner les conteurs. L’idée était de faire de l’histoire de cet homme un véritable conte. Plutôt que de coller à la réalité, je préférais une évocation un peu irréelle. La musique permet de basculer dans le merveilleux, conçue pour le cinéma, elle accompagne l’action, crée des ambiances, des univers, des couleurs qui habillent la pièce comme un décor.

Quelle relation s’établit avec les spectateurs ?

Rostand parle beaucoup de l’enthousiasme. Il veut absolument partager avec le public l’amour des histoires racontées ; chaque pièce pour lui est une bonne histoire. L’intérêt de travailler sur son œuvre réside en cela : la mission du théâtre est d’apporter de la joie, de l’enthousiasme et de faire rêver. Une citation que j’aime beaucoup et qui raconte Rostand en une phrase « Chanter, c’est ma façon de me battre et de croire » (Chanteclerc), une ode aux artistes…

Entretien réalisé par MARYVONNE COLOMBANI
Octobre 2018

Photo : P. Car, Agence de voyages Imaginaires, 2018

À venir :

29 octobre au 18 novembre
Théâtre des Bernardines, Marseille
08 2013 2013 lestheatres.net

23 novembre
Espace NoVa, Velaux
04 42 87 75 00 espacenova-velaux.com

27 novembre
Théâtre Jean Le Bleu, Manosque
04 92 87 37 28 culturedlva.fr


Espace Nova
997 avenue Jean Moulin
13880 Velaux
04 42 87 75 00
www.espacenova-velaux.com


Théâtre des Bernardines
17 Boulevard Garibaldi
13001 Marseille
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net/


Théâtre Jean le Bleu
Place Leinfelden
04100 Manosque
04 92 70 25 31
www.adcalaffiche.fr