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Droit de réponse de l'Escolo de Bèu-caire, et analyse de Zibeline

De l’usage du droit de réponse

Droit de réponse de l'Escolo de Bèu-caire, et analyse de Zibeline - Zibeline

L’Escolo de Bèu-caire, cité par Jan Cyril Salemi dans son article publié dans Zibeline 104, Beaucaire sous l’ère identitaire, a exigé un droit de réponse, que nous publions comme la loi nous y enjoint. Et que nous commentons comme la loi nous le permet.

Droit de réponse

Vous attaquez l’éthique de l’Escolo de Tradicioun de Bèu-caire (numéro 104), nous répondons en 200 mots comme exigé, pour donner des précisions car vous n’avez pas pris la peine de nous contacter pour vérifier vos sources. Mme Fougasse n’est pas à l’origine de la création de l’Escolo mais M. Reig, enseignant de provençal, et ses élèves. L’Escolo n’a que le soutien logistique de la Ville de Beaucaire comme les autres associations y compris Soie et velours d’Argence qui a également une subvention annuelle. Concernant la subvention exceptionnelle de 150 € versée en décembre 2016, elle a servi à payer un groupe de musiciens aidant l’Escolo à monter un spectacle de Noel pour pallier le désistement de choristes beaucairois par manque d’adhérents. L’Escolo met en place des projets à Beaucaire car plus de 80% de ses 113 adhérents sont beaucairois. La Mairie de Beaucaire soutient la culture et les traditions provençales. Elle poursuit et conforte ce que les autres municipalités ont toujours fait. C’est un élément fort de la ville. Il est dommage qu’un article orienté comme le vôtre sème la polémique dans le monde associatif. L’Escolo tient à votre disposition les preuves utiles à la rédaction d’un article de qualité.

Le conseil d’administration
Escolo de Tradicioun de Bèu-caire

L’Escolo de Tradicioun de Bèu-caire assortit son droit de réponse d’une série de captures d’écran à propos de l’autre association citée dans notre article, montrant que celle-ci reçoit également le soutien de la Mairie Front national de Beaucaire.  « Vos propos, s’ils ne sont « diffamatoires » sont en tout cas très exagérés et non fondés car si l’Escolo a le soutien de la Mairie Soie et Velours d’Argence l’a tout autant (voir la pièce jointe sur les articles publiés sur cette association) »

Cette réponse en 200 mots fut précédée d’une précédente version, beaucoup plus longue, qui qualifiait effectivement nos propos de « diffamatoires » et se concluait ainsi : « Par conséquent, l’Escolo de Tradicioun de Bèu-caire vous serez gré (sic) de bien vouloir publier dés votre prochain numéro (N°105) notre courrier dans son intégralité assorti de vos excuses. »

Nous avions alors demandé à L’Escolo de Bèu-caire de produire une réponse proportionnée au passage les citant dans notre article (moins de 200 mots) et lui avions signalé que, n’ayant relevé aucune inexactitude, elle ne pouvait qualifier nos propos de diffamatoires.

De quoi était-il question ? De la création d’une association, L’Escolo, en janvier 2016 par un professeur de provençal, suite à la démission du Conseil d’Administration de Soie et velours d’Argence. Madame Fougasse, adjointe à la culture de la mairie Front national, y adhère dès sa fondation. Et le site de la mairie est explicite :

L’Actu de Beaucaire

Dimanche 28 août, le Maire de Beaucaire et plusieurs de ses élus ont représenté notre ville à la traditionnelle fête de la Saint-Eloi à Boulbon.

Nos élus ont dans un premier temps participé à une messe en provençal puis à la bénédiction et au défilé de la Charrette.

Dans le cortège, les musiciens et de nombreuses arlésiennes ont précédé les chevaux de trait, à travers les rues étroites du village. Les fouetteurs de Saint-Rémy de Provence et la Reine d’Arles, accompagnée de ses demoiselles d’honneur, étaient également présents, tout comme l’association Escolo de Tradicioun de Bèu-caire, très engagée dans la défense de nos traditions, et qui a le soutien de la municipalité.

www.beaucaire.fr/beaucaire-present-a-traditionnelle-fete-de-saint-eloi-de-boulbon/

Capture-écran-site-mairie-beaucaire

Un soutien qui ne s’affiche pas seulement comme « soutien logistique »…

Il n’est donc évidemment pas question que Zibeline s’excuse de son article. D’autant que l’Escolo accuse notre journaliste de ne pas avoir vérifié des renseignements… qui s’avèrent exacts.

Pourquoi publier ce Droit de Réponse ? Contrairement à l’opinion répandue, les journaux n’y sont pas obligés dans le seul cas d’un propos diffamatoire. Toute personne, réelle ou morale (donc toute association) citée dans un article peut exiger un droit de réponse. Même si l’article est élogieux ! Cette réponse doit simplement être proportionnée, dans sa longueur et dans son ton, au passage de l’article qui la cite. Et elle doit à son tour, comme tout article publié dans un journal, respecter les personnes qu’elle cite : l’Escolo prend garde à le faire, ne dépasse pas les 200 mots, ne prétend pas que nous n’avons pas vérifié nos sources mais seulement que nous ne les avons pas contactés, nous invite à produire un « article de qualité » sans dire vraiment que Beaucaire sous l’ère identitaire ne l’était pas…

Pourtant cette association juge « diffamatoire » le fait que Zibeline relève sa proximité avec le Front national. Celle-ci serait elle honteuse ? Et pourquoi étayer son droit de réponse avec des photos des membres de Soie et velours d’Argence aux côtés des élus Front national ? L’association pense-t-elle que relever la proximité avec le Front National est une « attaque » ?  Se défend-elle de cette proximité ?

En adressant un tel Droit de réponse, et en exigeant son insertion et des excuses, l’Escolo de Beaucaire agit justement… comme le Front national. Celui-ci est devenu un spécialiste des procès en diffamation, qu’il perd souvent, et des plaintes classées sans suite. Cela fait partie de son entreprise de dédiabolisation. Il en est de même pour les Droits de réponse. Les journalistes le savent, et usent de pincettes : Marine Le Pen avait menacé d’intenter des procès à tout journaliste qui emploierait le terme extrême-droite pour désigner son parti, et de fait le terme est de moins en moins employé, même si elle n’a intenté aucun procès. Aucun journaliste ne peut prendre le risque de qualifier de raciste la préférence nationale ou la volonté de supprimer le droit du sol. Comme aucun journaliste ne peut qualifier Jean-Marie Le Pen de Nazi, ou relever son rôle trouble durant la guerre d’Algérie. Il est même peu évident de dénoncer le Bal de Vienne et ses néo Nazis, même si Marine le Pen s’y est rendue… Même lorsque les faits sont avérés, le Droit de réponse s’exerce pour « toute personne nommée ou désignée dans une publication périodique » selon l’article 13 de la loi de 1881. Un refus d’insérer peut conduire à un procès : ce qui peut être écrit dans un livre, ou dans les réseaux sociaux, ne peut l’être aussi facilement dans la presse « périodique ». C’est la loi française, et le Front national, dirigé par une avocate, ne se prive pas de s’en servir.

Une association qui se veut culturelle devrait se garder d’en faire autant…

AGNÈS FRESCHEL
Mai 2017

Illustrations : Captures écran site de la mairie de Beaucaire © X D R