La BNF fait peau neuve

Dans la “citadelle silencieuse”

La BNF fait peau neuve - Zibeline

Inauguré ce 11 janvier par le Président de la République, le célèbre Quadrilatère a rouvert ses portes rue de Richelieu, après six ans de travaux. S’il faudra encore 2020 pour accéder à la totalité de ses espaces, le travail de restauration de Virginie Brégal et Bruno Gaudin impressionne déjà : la fringante salle Labrouste, son vestibule et son magasin central, ainsi que la Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, la Rotonde des Arts du Spectacle et la Galerie Rondel sont désormais accessibles au public, dans le cadre de visites hebdomadaires, en groupe et en individuel.

On devine que les visiteurs seront nombreux pour les journées portes ouvertes organisées les 14 et 15 janvier prochains. Elles permettront également de découvrir deux nouveaux projets conçus par Bruno Gaudin : la salle des Arts du spectacle, réaménagée sur des tons résolument modernes mais toujours autour d’un même mélange de bois et de lumières, et la Galerie de verre reliant la Rotonde à la salle de lecture des manuscrits, qui n’est pas sans rappeler la Pyramide du Louvre mais surtout la passerelle de bois originellement conçue par Labrouste.

«Citadelle silencieuse, la Bibliothèque Nationale recèle d’innombrables trésors» : ces mots d’Alain Resnais nous seront rappelés par la présidente de la Bnf, Laurence Engel.

Car si le site Richelieu revêt aujourd’hui cette fonction muséale, le chantier lancé depuis 2010, avec un budget de 232 millions d’euros, n’est pas qu’architectural : forte de la réunion des collections de la Bnf avec celles de l’Ecole des Chartes et de l’INHA, la Bnf entend non seulement se prémunir encore un peu du cauchemar borgésien de l’expansion continuelle de ses collections, mais également ouvrir ses collections au plus large public. La rénovation de l’aile Vivienne, et avec elle du « Paradis ovale » , se double de l’ambition d’ouvrir les collections à tous les publics, et pas seulement à celui des universitaires, ainsi que d’un musée de 1000 m2 dédié à l’histoire du livre et aux manuscrits. Projet que l’on espère voir aboutir aussi vite que prévu, malgré les contretemps que l’échéance présidentielle peut laisser redouter.

SUZANNE LAY
Janvier 2017