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Vu par Zibeline

Yul à l'Espace Julien

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Yul à l'Espace Julien - Zibeline

Retour sur le concert d’une des découvertes programmées par Jazz sur la ville.

C’est un peu comme un grand oral. Mais les signes d’encouragements et d’impatience entendus laissent à penser que le jury ne sera pas impartial. Sur un rideau translucide, un clip à l’esthétique soignée. Un homme et une femme en tenue de spationautes semblent égarés dans un paysage camarguais. Le couple en questionnement sera le fil rouge de la partie image du show. Dans la continuité de l’embargo sur sa musique dont il n’a dévoilé que quelques secondes sur les réseaux sociaux, Yul fait durer le mystère jusque sur la scène où le rideau reste baissé pendant tout le premier morceau. Pour sa première scène, l’Aixois Ulrich Edorh, son nom dans le civil, a su bien s’entourer. Côté cour, le bassiste Reggie Washington qui a laissé son empreinte funk dans le jazz américain moderne. Côté jardin, Bobby Sparks, valeur sûre des claviers ayant collaboré avec Prince, Ray Charles ou Herbie Hancock. Sur grand écran, les créations vidéo de Didier D. Daarwin, coauteur de l’univers graphique d’IAM dans les années 90. Yul quant à lui fait le pari délicat de la position de chanteur-batteur. Mais sa gestuelle et ses échanges avec le public lui font éviter l’écueil du statisme. Comme il réussit aussi à instaurer une atmosphère de complicité dans un show sophistiqué, aux messages personnels affirmés. Son fils de dix ans le rejoint sur scène le temps d’un duo chorégraphique qui s’achève en combat de boxe duquel le père finit KO. Dans une vidéo, cette fois, le musicien se met dans la peau d’un réfugié, échoué sur une plage. Mais de la musique se dégage une énergie positive. L’orgue et la basse apportent une tonalité funky à une palette allant de la soul à la variété de qualité, avec quelques envolées free jazz. La voix est sensuelle avec des intonations rappelant celle de Seal. Plusieurs instrumentaux mettent en exergue un réel talent de compositeurs et de producteur. En d’autres termes, Yul aurait eu tort de ne pas se lancer, n’ayant rien à envier à d’autres dans le même créneau. Reste à se démarquer, à affiner son identité, à construire une singularité. Peut-être en valorisant davantage dans son héritage culturel africain.

LUDOVIC TOMAS
Novembre 2018

Le concert de Yul a eu lieu le 22 novembre l’Espace Julien, à Marseille

Photo : Yul -(c)- daarwin tous des K


Espace Julien
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