Jazz in Arles: une 20e édition à la programmation variée

Wonderbass, wonderBarre : topless ?Vu par Zibeline

Jazz in Arles: une 20e édition à la programmation variée - Zibeline

Pour sa 20e édition et conformément à son choix de programmation libre et exigeant, Jazz in Arles nous offrait un panel musical varié où les protagonistes s’exprimaient notamment à la contrebasse. En cela, l’éclectique Andy Emler évoqua et justifia depuis son piano les fondamentaux de l’écoute au-delà du simple divertissement : fugaces mais précieuses émotions sonores avec son compère Claude Tchamitchian à la basse dans une recherche constante et conjointe de la fusion créatrice au sein d’un contrat musical libertaire basé sur l’invention immédiate (et des années d’expérience …). Libertaire, le contrebassiste Barre Phillips l’est encore plus dans ses pratiques de distanciation et de libération de l’idiome musical et instrumental : abolition totale des modes de jeux traditionnels avec ses partenaires Lemgruber (saxophones) et Demierre (piano) pour une aventure risquée et somme toute traditionnelle depuis les années 60, le théâtre musical, le hapening… La prestation n’a pas comblé toutes les attentes à l’image des départs de salle en cours de concert au sein d’un silence auquel on peut prêter autant de la politesse et de la retenue qu’une forme d’adéquation et de religiosité concrétisées par une demande de bis pour les convaincus. Barre Phillips n’est pas le premier venu et sa quête n’a pas fini de questionner au-delà du rejet ou de l’adhésion, décevant s’il était au top. Retour à l’orthodoxie instrumentale pour tous les autres protagonistes qui marquent de leur empreinte personnelle une tradition éternellement réinterprétée par les fondements même du jazz : improvisation, rythmique, sonorité au sein d’un cadre thématique et stylistique. Le rigoureux Dmitry Baevsky trio cachait bien son jeu en nous dévoilant un son nuancé à l’alto entre des séquences aux accents hard bop secs et implacables. Contraste avec le Stephane Kerecki Quartet qui revisite avec réussite, nostalgie et sensibilité les thèmes de la Nouvelle vague. Le ténor et le bugle du Ricardo Del Fra Quintet (hommage à Chet Baker) enflammaient le public en toute logique après deux autres vagabondages du festival : Misja Fitzgerald Michel à nu et aux nues avec sa guitare solo, A. Lechner (violoncelle) et F. Couturier dans une délicate et intime séquence chambriste.
Bien, très bien avec ou sans le haut.
PIERRE-ALAIN HOYET
Mai 2015

Jazz in Arles s’est tenu à la Chapelle du Méjan du 13 au 23 mai

Photo : Stéphane-Kerecki-c-Yves-Dorison

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