White CubeVu par Zibeline

 - Zibeline

Avec l’argent récolté par son documentaire Enjoy Poverty, le réalisateur hollandais Renzo Martens a conduit un projet au Congo durant une décennie : la création d’un White Cube sur une plantation abandonnée, comme un juste retour de l’art aux cultivateurs dont le travail nourrit les fonds de pension de la holding Unilever qui, non contente de spolier leurs terres, finance à coups de milliers de dollars les expositions d’art contemporain à New York, Berlin ou Londres ! Partant de ce constat et souhaitant le dénoncer, il relate ses tribulations dans un film qui pose de nombreuses questions sur les conditions de travail des agriculteurs, l’économie mondiale de l’art, la protection de l’environnement… On suit ses avancées et ses échecs tout en s’interrogeant sur la collusion entre réalité et fiction (quid d’éventuelles scènes scénarisées), sur sa propre représentation (omniprésent dans la première partie), sur sa position de Blanc récipiendaire du pouvoir. Sa réponse équivaut, malheureusement, à un état de fait : « Je suis Blanc, de classe moyenne, avec un peu de fonds pour réaliser un film. Cela a toujours été comme cela et il faut que cela change, que des Congolais fassent leur propre film. Mais pour le moment, c’est difficile car il n’y a pas d’argent ».

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Juillet 2021

White Cube a été montré les 19 & 20 juin, à La Criée, dans le cadre du Festival de Marseille

Photo White Cube, Renzo Martens © Human Activities