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Les Calanques, source d'inspiration pour les artistes en résidence à la Fondation Camargo

Vues d’artistes

• 9 mars 2018⇒8 avril 2018 •
Les Calanques, source d'inspiration pour les artistes en résidence à la Fondation Camargo - Zibeline

Considérer les Calanques comme territoire de science et source d’inspiration. C’est l’ambition qui a prévalu lors de la mise en place d’une résidence de recherche organisée par la Fondation Camargo, le Parc National des Calanques et l’Institut Pythéas (AMU/CNRS/IRD). Suite à une réflexion menée avec le paysagiste Gilles Clément, un appel à projet international a été lancé, et huit artistes ont été sélectionnés : Ryo Abe, Julien Clauss, João Modé, Nicolas Floc’h, Frank Gérard, Lisa Hirmer, Katie Holten et Shanta Rao. Invités à travailler sur le rapport homme/nature, ils ont présenté le fruit de leurs réflexions lors d’une Journée portes ouvertes, le 10 février, sur le site de la Fondation Camargo à Cassis.

Les visiteurs se sont pressés dans ces beaux espaces, bâtiments et jardins dominant la mer, chaque artiste répondant volontiers aux questions. Parfois en anglais non traduit, hélas, dans le cas de l’irlandaise Katie Holten, qui a dessiné un intrigant « alphabet inconscient » du paysage. La lumière somptueuse des calanques, sur terre ou perçant sous les flots, a de quoi inspirer ! Mais la démarche du projet ne consistait pas à esthétiser un lieu, si magique soit-il, sans en éluder les graves problèmes écologiques.

Le travail le plus abouti s’est révélé être celui de deux photographes, Franck Gérard et Nicolas Floch. Le premier s’est lancé dans une documentation visuelle des « espaces de frottement » entre l’homme et la nature, les conflits d’usage étant… d’usage sur le littoral méditerranéen. Le second, qui « espère pouvoir continuer sur tout le Parc un projet au long cours », s’est plus particulièrement penché sur les récifs artificiels sous-marins. Les trois tableaux monochromes de Julien Clauss, réalisés avec des « boues rouges » -pigments issus de l’usine Altéo, qui continue de déverser ses toxiques dans le canyon de Cassidaigne- étaient sans doute une façon de représenter un monde étouffant sous la pollution. On a été moins convaincus par la démarche de Shanta Rao : pour évoquer les méduses, elle a travaillé une matière irisée à base de peinture navale, particulièrement nocive.

GAËLLE CLOAREC
Février 2018

Photo : Alphabet inconscient des calanques de Katie Holten -c- G.C.

NB : Le Frac Paca exposera un rendu de résidence sous forme de plateau expérimental, du 9 mars au 8 avril à Marseille.


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