Retour sur les Rencontres Cinématographiques de Salon qui se sont déroulées du 1er au 8 avril

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• 1 avril 2014⇒8 avril 2014 •
Retour sur les Rencontres Cinématographiques de Salon qui se sont déroulées du 1er au 8 avril - Zibeline

2 avril : premier jour des 24e Rencontres Cinématographiques de Salon et dès 10h15, les spectateurs sont dans la salle du cinéma Les Arcades et peuvent choisir entre 3 destinations, le Chili avec No de Pablo Larrain, les rives du Mississipi avec Mud de Jeff Nichols et l’Allemagne avec Guerrière de David Wnendt. Et ce sera ainsi toute la semaine. Le choix n’est pas toujours aisé !
Guerrière, premier long métrage de David Wnendt, nous entraine dans le monde de jeunes néo nazis et nous fait le portrait glaçant d’une jeunesse haineuse en suivant Marisa, (superbement interprétée par Alina Levshin), aussi brutale que fragile, confrontée à la misogynie et à ses propres contradictions. Quand on sait que c’est après un long travail d’enquête que David Wnendt a écrit le scenario de cette fiction, il y a de quoi s’inquiéter…
À 14h, un ciné goûter pour les petits, Jean de La Lune de Stephan Schesch, et pour les grands, la Géorgie avec Keep Smiling de Rusudan Chkonia (voir Zib’57) ou l’Islande avec  Survivre de Baltasar Kormakur.
Inspiré par l’expérience d’un pécheur qui a survécu durant six heures dans une eau glacée de l’Atlantique Nord -les images d’archives, post générique, du vrai marin sur son lit d’hôpital en attestent-, Baltasar Kormakur a choisi de filmer avec sobriété la lutte de Gulli (formidable Ólafur Darri Ólafsson) après le naufrage du petit chalutier, le Breki. Ses cinq compagnons ont péri ; on le voit, simple visage, perdu au milieu de l’immensité marine, il parle à une mouette, se remémore une éruption volcanique sur son île natale et… nage…
Partir en Grèce avec Méteora de Piros Statoulopoulos, en Argentine avec El Premio de Paula Markovitch ou l’Italie avec Viva la Liberta, la comédie de Roberto Ando, le choix est difficile : dans Viva la Liberta, Enrico Olivieri (Toni Servillo), politicien habile et froid, secrétaire du principal parti de l’opposition, en perte de vitesse dans les sondages, décide de disparaître et s’enfuit à Paris chez une ex (Valeria Bruni Tedeschi), mariée à un réalisateur renommé. Son assistant (Valerio Mastandrea), ne trouve rien de mieux que de le remplacer par son frère jumeau, un philosophe, atteint de trouble bipolaire, assez génial et ingérable ; il refuse de lire les discours préparés, en improvise qui surprennent les journalistes, enthousiasment les foules ou lit un poème de Brecht ! On rit beaucoup dans cette fable sur la comédie du pouvoir qui nous fait suivre deux hommes qui changent radicalement de vie et l’on aimerait croire qu’il suffirait de mots pour transformer les habitudes et les hommes politiques !

ANNIE GAVA
Avril 2014

Les Rencontres Cinématographiques de Salon se sont déroulées du 1er au 8 avril
04 90 17 44 97
www.rencontres-cinesalon.org

Photo : Viva la Liberta de Roberto Ando © Bellissima Films