Cocktail déjanté au Petit Duc grâce aux Swing Cockt’Elles

Voyage au pays du swingVu par Zibeline

Cocktail déjanté au Petit Duc grâce aux Swing Cockt’Elles - Zibeline

Fin octobre, on pouvait encore se rendre au Petit Duc, certes, déjà, en nombre réduit, dans ce lieu attachant animé par les magiciens Myriam Daups et Gérard Dahan, pour assister au concert des Swing Cockt’Elles. Plaisir d’un autre temps où se noue une complicité entre le public de la salle et les artistes sur scène, dans l’émerveillement partagé d’un art en train de se faire…

Les trois chanteuses apportaient leur verve dans l’écrin chaleureux du Petit Duc, lieu décidément propice à la création. Alain Sachs metteur en scène de leur tout nouveau spectacle, profitant de la présentation du groupe et de son univers, glissait un rappel de l’histoire de la « générale » (le public débordant des deux représentations prévues, une partie y était conviée) : elle était réservée à ses débuts à tous ceux qui avaient fait le spectacle dans l’ombre, les couturières et les autres qui, lors des représentations, ne pouvaient pas être dans la salle.

Une ambiance digne de L’Odyssée de l’espace inaugure l’entrée en scène d’Annabelle Sodi-Thibault (aussi aux compositions, arrangements et direction artistique), Ita Graffin et Morgane Touzalin-Macabiau, vêtues de « peaux de bêtes » et incapables de tout langage articulé. Les percussions sont découvertes, premier langage, avant l’apparition du piano en majesté… Les chants émergent de la narration, potache, ludique, drôle, dont les étapes sont marquées par l’évolution des costumes. Le répertoire abordé retrace toute une histoire de la chanson, se plaît aux bribes, passe d’un air à l’autre, virevolte entre les époques, s’attache au gospel puis au blues, se glisse dans les strass des comédies musicales, reprend les tubes de toutes les générations, depuis Belle comme le jour à Baby girl, Pour un flirt avec toi, Il me dit que je suis belle, J’aime les filles… Un jeu de séduction tisse sa trame cocasse avec le piano de Jonathan Soucasse, dont les improvisations ourlent de leur virtuosité les thèmes sans cesse en mouvement. Pas de fausse note dans cette folie musicale où s’articulent sans repos les modes et les tonalités. En un même mouvement se dessine une dizaine de chansons ! On voyage dans le temps et les lieux, voici Amsterdam de Jacques Brel, avant de s’évader en Italie, Felicita ! Les paroles se prennent de fantaisie, apportent une pizza à table… Le répertoire lyrique, même pas peur ! Mozart, Verdi, Offenbach, Bellini sont convoqués en extraits flatteurs avant de céder la place à Lady Gaga ou Beyoncé. En bis, « un hommage à nos sœurs qui nous ont ouvert la voie », sourient les interprètes, qui se lancent dans une chronologie des groupes féminins, The Brox Sisters de 1930, The Andrews Sisters de 1940, Les Jordettes de 1950 et les suivantes jusqu’aux Spice girls de 1996 ! On finit par Jolie Môme, en un doux clin d’œil à Juliette Greco… Et dieu créa le swing, titre le spectacle : peut-être. En tout cas, les Swing Cockt’Elles le servent avec brio.

MARYVONNE COLOMBANI
Octobre 2020

Vu le 23 octobre au Petit Duc, Aix-en-Provence

Actuellement, rendez-vous sur la chaîne web du Petit Duc pour assister « en live » de chez soi aux concerts toujours programmés.

Visuel : extrait d’affiche des Swing Cockt’Elles © DR

Le Petit Duc
1 rue Émile Tavan
13100 Aix-en-Provence
04 42 27 37 39
www.lepetitduc.net