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Régine Poldowski au Festival Présences Féminines

Vous avez dit compositrices?

Régine Poldowski au Festival Présences Féminines - Zibeline

Le festival Présences féminines affirme depuis huit ans que les compositrices existent, et ce depuis longtemps. Et fait la preuve par l’expérience que si elles sont moins jouées ce n’est pas parce qu’elles ont moins de génie, mais juste parce qu’historiquement elles eurent moins accès à la gloire. Car s’il est une chose que les femmes ont pu faire malgré le minorat où elles furent maintenues, c’est écrire, des mots, des notes, lorsqu’elles eurent accès à l’éducation permettant de se saisir des outils nécessaires.

Régine Poldowski en est l’exemple type. Née à Bruxelles, fille du violoniste et compositeur Henryk Wieniawski, que les violonistes connaissent bien pour avoir sué sur la virtuosité de ses pages, elle a écrit au tout début du XXe siècle une série de mélodies françaises, pour l’essentiel sur des poèmes de Verlaine, qui n’ont rien à envier à Debussy, Ravel ou Fauré : leur impressionnisme tout en finesse, qui passe de l’enjouement aux langueurs, illustre le texte de figuralismes et vibre d’émotion. L’Ensemble 104 en a enregistré l’intégralité en 2017… pour la première fois ! Jazmin Black Grollemund les interprète avec émotion, d’une voix ample aux intonations sûres. Ces mélodies, dont certaines n’ont été retrouvées qu’en 2004, ont souffert de l’oubli réservé à la production des femmes : les seules partitions qui subsistent sont pour piano, or Poldowski orchestrait pour petits ensembles, et David Jackson (pianiste) a suivi son exemple, dispersant les nombreux contrechants sur le violon d’Angélique Charlopain et le violoncelle de Jérémie Decottignies.

Le concert donnait aussi à entendre un très bel Andante de sa Sonate pour violon et piano, postromantique dans ses élans, et une création de Tiziana de Carolis : chaque année Présences féminines accueille en résidence et passe commande à une compositrice d’une œuvre écrite en regard d’une autre page de compositrice. L’heure exquise de l’une répond à l’autre, citant des phrases musicales, travaillant les timbres pour en faire des objets sonores. Une entreprise de réhabilitation, et de création doublement nécessaire !

AGNES FRESCHEL
Avril 2018

Poldowski re/imagined a été joué à l‘Espace des Arts du Pradet le 27 mars dans le cadre de Présences féminines

Photographie : (présences fém) Jazmin Black Grollemund © Karl Pouillot


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