Temenik Electric a dévoilé son futur album au festival Voilà l'été, à Aix

Voilà l’été célèbre Aix l’AfricaineVu par Zibeline

Temenik Electric a dévoilé son futur album au festival Voilà l'été, à Aix - Zibeline

Temenik Electric a fêté l’été retrouvé et un futur album au son d’un arabian electro rock encore plus exaltant.

C’est l’une des bonnes surprises de l’été. Alors que le Zik Zac a été contraint d’annuler sa 23e édition, ses organisateurs – l’équipe de la Fonderie-Aix – ont réussi à s’adapter aux contraintes liées à la crise sanitaire. Et le festival des musiques actuelles du monde d’enfiler son masque de super-héros pour sauver l’été aixois en imaginant Voilà l’été. Bien sûr la jauge est limitée, la soirée est plus courte, le masque de rigueur et la fosse condamnée par une ceinture de barrières métalliques d’un drôle d’effet. À l’arrivée, un bénévole vous accompagne dans les gradins et délimite votre place d’une croix peinte à la bombe aérosol. Peu importent les conditions, l’envie d’écouter des concerts est bien là, à l’image du public, populaire, multiculturel et intergénérationnel comme dans le « monde d’avant ».

Après la soirée dédiée aux pays d’Oc et avant celle placée sous le signe des musiques latino-américaines, le continent africain est l’invité de marque du théâtre de verdure, situé dans l’immense quartier du Jas de Bouffan. Au programme, Wassa Sainte Nébuleuse puis Temenik Electric. Une couleur de peau, une voix chaude et légèrement rocailleuse, l’usage de l’espagnol, les points commun entre l’auteure, compositrice et interprète de Wassa Sainte Nébuleuse et la chanteuse ibérique Buika sont frappants. En revanche, celle que l’on surnomme Nanih, ne s’aventure pas en territoire flamenco. L’univers de cette franco-togolaise qui a grandi en Bretagne est un brassage de musiques mandingue et électronique, de rythmes trip-hop et tropicaux. On comprend mieux le terme de nébuleuse même si elle s’égare parfois dans un amas diffus aux arômes de variétés. Malgré une bonne décennie sur les routes avec le groupe Temenik Electric, son leader et fondateur Mehdi Haddjeri ressent une légère appréhension quelques minutes avant de monter sur scène. C’est son premier concert depuis un an mais aussi un rendez-vous particulier puisque seront dévoilés pour la première fois au public les titres qui figureront sur le futur troisième album de la formation dont deux des quatre membres sont là depuis l’origine. Dès le show lancé, Haddjeri invite « à la danse, à la transe » et appellera à plusieurs reprises les spectateurs à « évacuer les jnouns (créatures surnaturelles dans les croyances d’Afrique du Nord, ndlr) qui sommeillent » en eux. Le son arabian rock, appellation pourtant réductrice, prend toute son ampleur avec la puissance des riffs de guitare, boostés par les envolées électro produites en live. Au croisement de Cheikha Rimitti et de The Clash, Temenik Electric est fidèle à la langue arabe et règle la question de l’identité culturelle à la manière d’un Rachid Taha : en faisant du rock. Sans se poser d’autres questions.

LUDOVIC TOMAS
Juillet 2020

Photo : Temenik Electric ©Patrick Gherdoussi

Wassa Sainte Nébuleuse et Temenik Electric se sont produits le 24 juillet, au théâtre de verdure du parc Gilbert Vilers, à Aix-en-Provence, dans le cadre de Voilà l’été.

A venir :

29 juillet : Serge Lopez trio, Djazia Satour
30 : Iloopilu, Djeli Moussa Diawara
31 : Blasco, Gari Grèu + invités surprise

zikzac.fr