Vu par Zibeline

Vive Mr Shu !

 - Zibeline

Le Festival du Cinéma Chinois en France, qui se déroule cette année dans six villes, s’est ouvert à Marseille au cinéma le Prado avec l’ensemble musical Xin Yi de musique traditionnelle dirigé par Wang Guozhen : neuf jeunes femmes ont joué, à la  cithare Guqin, à la flûte de bambou ou au hautbois, des morceaux aux titres évocateurs de Cueillir les herbes, Parfums de jasmin, ou Fleurs épanouies, pleine lune

Après différentes allocutions qui ont précisé l’objectif de la manifestation, «faire découvrir des films inédits en France et promouvoir les échanges entre les deux pays» a été projeté le premier des 14 films choisis, Ce que pensent les femmes, une comédie romantique de Chen Daming, remake mou de What women want avec Mel Gibson, qui n’a d’autre intérêt que d’y pouvoir admirer la superbe Gong Li, invitée d’honneur du festival. Le mélodrame de Zhang Yimou, Sous l’aubépine, permet de découvrir une jeune actrice Zhou Dongyu incarnant une jeune fille qui, pendant la révolution culturelle, vit une histoire d’amour troublée par cette période répressive… une mise en scène traditionnelle, sinon simpliste.

Plus intéressant le film d’animation, Une fille juive à Shanghai de Wang Genfa, construit en flash back successifs, raconte l’histoire d’une petite fille qui a été emmenée à Shanghai pour échapper aux nazis. Petite rousse aux superbes yeux bleus, elle rencontre un jeune Chinois, A-Gen, qui l’aide à survivre. Leur amitié prend fin quand la guerre est finie mais lorsqu’elle revient à Shanghai, soixante ans plus tard elle y retrouve, comme dans les contes, son ami.

Le plus réussi est le film de Han Jie, Hello Mr. Shu. Dès le premier plan, le ton est donné : un homme étrange est perché sur un arbre ; Shu en chinois signifie «arbre». On le reverra ainsi dans des scènes, flash-back ou images oniriques. Car, comme le disent les habitants du village minier qui se vide peu à peu Shu n’est pas «stable» : il a des visions, récurrentes, de son père mort, puis de son frère ; il est un peu devin, il tombe amoureux d’une jeune muette qu’il épouse, un vrai fiasco ! Il boit, il se bat. Il recompose le monde à sa guise. Il est perché sur son arbre… Alternent de superbes plans des paysages enneigés de la Chine rurale du Nord Est, de fêtes éclatantes de couleurs jusqu’à ce plan, rouge, hallucinatoire, des mineurs quittant le village. Tout n’est-il que rêve ? Il n’est pas étonnant que ce film ait obtenu le Grand Prix du jury au festival de Shanghai…

ANNIE GAVA

Juin 2012

 

Le Festival a eu lieu du 7 au 12 juin au cinéma le Prado, Marseille


Cinéma le Prado
36 Avenue du Prado
13006 Marseille
04 91 37 66 83
http://www.cinema-leprado.fr/