La cornemuse, tête d'affiche d'un festival à la Cité de la Musique

Visages de la cornemuseVu par Zibeline

• 20 mai 2014⇒25 mai 2014 •
La cornemuse, tête d'affiche d'un festival à la Cité de la Musique  - Zibeline

La cornemuse est un instrument étonnant dont la genèse s’avère très ancienne, antique voire égyptienne, et à la répartition géographique vaste puisqu’on l’utilise dans de nombreuses cultures : européennes, maghrébines, caucasiennes, perses, indiennes… Si le principe est commun à toutes ces origines (adjonctions d’un réservoir d’air à un «hautbois», permettant un souffle continu, ou d’autres tuyaux pour réaliser une polyphonie en «bourdon»), l’instrument se présente sous des formes très diverses. Autrefois pastorale, conçue pour le plein air, la cornemuse possède un répertoire abondant dans les domaines des musiques de cour ou les fastes militaires. Aujourd’hui il lui arrive même de flirter avec l’électro ou le jazz ! Ce sont ses différents visages que l’on a pu découvrir à Marseille lors du festival que la Cité de la musique lui a consacré.
On sent encore la «bête» dans l’instrument utilisé par le jeune groupe Bulgar Unplugged. L’outre dans laquelle on souffle, à pleine bouche, se gonfle telle une peau animalière qui semble encore respirer. Les doigts s’agitent sur les quelques trous percés dans une flûte de bois que l’on change selon les tonalités. Et ça vibre et trille sur un réservoir de notes, certes minimal, mais sans pour autant que cela provoque une quelconque frustration. Rehaussées de l’accordéon et d’une percussion à double face (tapan), ce sont des musiques de danses ou des mélopées contemplatives magyares qu’on a découvertes au concert d’ouverture.
C’est ensuite en Irlande que nous a conduit Triskells. Accompagné d’une harpe et d’un tambour (bodhran), leur «piper» est un virtuose qui joue sur un instrument ultra-performant ! «Formule 1» de sa catégorie, il figure à lui seul un mini-orchestre alliant la basse (bourdon), une mélodie supérieure sous laquelle se glisse un surprenant accompagnement harmonique issu d’on ne sait quelle anche !
Au bout d’une semaine, la manifestation s’est achevée en «balèti» (bal traditionnel). On se souviendra avoir festoyé dans le luxueux hall de la Villa Magalone, aux rythmes des scottish, gigues, bourrées… et aux sonorités entêtantes des instruments conduits par Eric Montbel !

JACQUES FRESCHEL
Juin 2014

Le festival de la cornemuse s’est tenu du 20 au 25 mai à la Cité de la Musique, Marseille

Photo : Bulgar Unplugged c J.F

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