Exposition rétrospective pour les 25 ans de la galerie du tableau... à la galerie Saint Laurent

Vingt-cinq pigesVu par Zibeline

• 17 décembre 2014⇒19 mars 2015 •
Exposition rétrospective pour les 25 ans de la galerie du tableau... à la galerie Saint Laurent - Zibeline

À la Galerie Saint Laurent, sa consœur et aînée La Galerie du Tableau célèbre ses vingt-cinq ans d’existence au service de l’art contemporain à Marseille.

Dans son ouvrage 16 m2 Jean-Pierre Ostende retraçait «le roman de la Galerie du Tableau à Marseille, 1995-2005» (Éditions Le mot et le reste), inventée par Bernard Plasse et son association Diem Perdidi, inaugurée le 17 décembre 1990. Une poignée de décennies plus tard, ce sont vingt-cinq années d’opiniâtres et loyaux services, consacrées à l’art contemporain et ses artistes qui se déploient aux cimaises de la Galerie Saint Laurent, la benjamine installée il y a deux ans dans le hall des Antiquaires du marché aux puces de Marseille, après que La Tangente, une autre galerie de poche, a baissé le rideau.

Militantisme
La Galerie du Tableau avait été inaugurée avec la présentation d’un microbe de Max Ernst, une des plus petites œuvres au monde, de la taille d’un timbre poste. Un début marqué d’un joli clin d’œil ! Le principe d’exposition se fondait sur la présentation d’un artiste/une œuvre/une semaine (à vos calculettes depuis tout ce temps !). Ce court temps d’exposition -doublé ensuite pour cause de programmation trop lourde- devait se prolonger par des visites d’atelier et des rencontres avec les artistes. Il s’agissait d’accéder à une meilleure visibilité et à l’ouverture vers un certain marché de l’art. Les collectionneurs régionaux (et d’ailleurs) étaient particulièrement concernés. Ceux-ci ont malheureusement peu joué le jeu, regrette encore Bernard Plasse, qui fit éditer en son temps une carte postale quelque peu caustique à leur endroit. L’esprit associatif et militant a souvent peu affaire avec le commerce de l’art. Pourtant, ce dispositif promotionnel atypique, conçu à l’origine pour une durée de deux ans seulement, est toujours d’actualité.

Diversité
L’exposition/rétrospective représente une sélection de 126 œuvres représentant 110 artistes parmi des générations passées par la rue Sylvabelle ayant répondu à la carte blanche de Bernard Plasse. Se déployant dans une vingtaine de stands discontinus entre les boutiques d’antiquaires, l’ensemble apparaît logiquement hétérogène avec des pièces d’intérêts inégaux. Preuve encore -s’il le fallait- de ce qui participe au mérite de structures où se tentent nombre d’expérimentations ouvertes, offertes dans leur singularité par les artistes, de découvertes pour le visiteur. On peut ainsi se retrouver devant un dessin de Traquandi des premières heures, Caroline Duchatelet, Viallat ou Messoubeur. Et une installation murale de Sylvie Reno, réalisée pour l’événement, en hommage à l’initiateur de cette structure atypique et dont on vient de fêter les quatre-vingt piges. Retour au «Tableau». Après les dessous de plat convertis en dessus de table par Pascale Mijares succéderont les images parasitées de Virginie Chochoy, jusqu’à la fin janvier. C’est court, mais on vous avait prévenus.

CLAUDE LORIN
Janvier 2015

Ecouter l’entretien avec Bernard Plasse sur WRZ ici

Les 25 ans de la galerie du tableau
jusqu’au 19 mars
Galerie Saint Laurent, Marseille
06 76 91 42 61
www.galeriesaintlaurent.com
www.galeriedutableau.org

Photo : Sylvie Reno, Hommage à Bernard Plasse, 2014 © C. Lorin/Zibeline