Johann Strauss à l'Odéon

Viennoiseries et pièce montéeVu par Zibeline

Johann Strauss à l'Odéon - Zibeline

Valses de Vienne n’est pas à proprement parler une opérette signée Strauss ! Son livret, au fil d’une intrigue biographique opposant un père musicien et son fils aspirant à le devenir, a été agencé au début des années 1930, à Paris, afin de faire apprécier les pages les plus célèbres des Johann Strauss père & fils. Paradoxalement c’est peut-être l’opus qui, bien qu’artificiel, est le plus apprécié de la dynastie viennoise. De fait, on y entend, comme lors du fameux concert télédiffusé du Nouvel an dans la capitale autrichienne, la valse du Beau Danube bleu ou la fameuse Marche de Radetzky irrépressiblement rythmée par des claquements de mains.

Au Théâtre de l’Odéon, à la veille des fêtes, les Marseillais n’ont pas manqué d’applaudir un spectacle complet, mêlant du chant élégant à de la fantaisie, des ballets, orchestre et chœur «di qualita» : toute une foule d’artistes, sur la scène (bien mise par Jack Gervais) et en coulisse, au service d’un répertoire qu’on se presse d’entendre, haletant, tant on a peur qu’il disparaisse des affiches, faute d’intérêt contemporain et de moyens suffisants…

Oh ! le sujet est léger, même si l’idée du sacrifice d’Abraham ou le meurtre freudien du père peuvent servir à l’intello de grille de lecture… On retient principalement la prestation d’Agnès Pat, fantaisiste d’envergure, dans le rôle de Pepi, personnage haut en couleurs, dont l’ascension «vestimentaire» culmine lors d’un final heureux où chacun retrouve sa chacune. On regrette cependant, malgré des atouts, que les jeunes premiers ne le soient plus tout à fait et que la première, certes jeune, nous ait fait douter que le français possédait des… consonnes !

JACQUES FRESCHEL
Janvier 2012