Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

Viardot la liberté, un hommage à la cantatrice Pauline Viardot

«Viardot, la liberté»

• 7 juin 2014 •
Viardot la liberté, un hommage à la cantatrice Pauline Viardot - Zibeline

Pauline Viardot (1821-1910) est, avec sa sœur aînée la Malibran (morte à 30 ans d’un accident d’équitation), l’une des grandes artistes lyriques du XIXe siècle. De la génération de Clara Schumann, comme elle compositrice (et pianiste), issue d’une famille de musiciens (fille du ténor espagnol Manuel Garcia), elle incarne avec elle (et aussi Fanny Mendelssohn, Cécile Chaminade, Louise Farrenc ou plus tard Alma Mahler) une grande figure féminine du monde musical d’alors, «pré carré» réservé aux hommes. Douée d’une voix hors-normes, alliant les tessitures d’alto et de soprano, Pauline Viardot a triomphé dans l’Europe entière, en particulier dans les rôles de Rossini.
Dans Viardot, la liberté, spectacle conçu en 2013 au Festival d’Aix par l’Académie Européenne de Musique, et repris pour Aix-en-juin en 2014 au Jeu de Paume (le 7 juin), on découvre la cantatrice dans les années 1840, au moment où elle fut contrainte de faire carrière à l’étranger du fait d’idées républicaines peu compatibles avec la Monarchie de juillet. C’est au regard de sa correspondance avec sa compère George Sand, mais aussi «Chip Chop» (Chopin) et son ami-amoureux Ivan Tourgueniev, qu’on suit ses succès à Vienne, Berlin, Londres, Saint-Pétersbourg, dans une mise en scène subtile et gentiment burlesque (Côme de Belliscize).
Les trois jeunes femmes sont belles à voir et pleines de talents. Catherine Trottmann possède un magnifique timbre de mezzo et chante, à côté d’airs célèbres et périlleux de Rossini (Rosine, Desdémone, Stabat mater), Bellini («Casta Diva»), Haendel («Lascia ch’io pianga») des mélodies peu connues de Viardot et des extraits de son opéra Cendrillon (composé bien plus tard en 1904). La comédienne Violaine Schwartz lit, tout en jouant les situations proposées avec habileté et mesure, des lettres pleines d’humour et de tendresse, tandis qu’Edwige Herchenroder leur rend la pareille au piano. Une heure d’un spectacle fin et enrichissant !

JACQUES FRESCHEL
Juin 2014

Viardot, la liberté a été donné le 7 juin au Jeu de Paume, Aix, dans le cadre du Festival d’Aix-en-juin

Photo : Viardot, la liberté c Patrick Berger


Théâtre du jeu de Paume
17, 21 rue de l’Opéra
13100 Aix-en-Provence
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net/