Vertus éphémèresVu par Zibeline

 - Zibeline

Au Parc de la Maison Blanche (Mairie des 9ème et 10ème arr de Marseille), le Festival des Arts Ephémères prend chaque année plus d’ampleur, et de teneur. Cette édition, concoctée par Thierry Ollat, conservateur du MAC, et Jean-Louis Connan, directeur de l’École d’art et design (ESADMM), fut d’une qualité exceptionnelle. Parce que l’événement sait créer dans un lieu public une atmosphère où la curiosité du passant (et des mariés !) s’émerveille. Parce que les œuvres présentées par les Ateliers publics de l’ESDAAM sont d’une qualité imaginative qui les tient éloignées du concept pour faire vibrer visiblement la joie de la sensation et de la pratique. Parce qu’une des plus belles œuvres, toute simple, est celle d’une jeune étudiante de l’École, Morgane Aziza, qui avec Ondée sait mettre en suspens la chute des feuilles, et fixer l’éphémère…

Parmi les artistes «pro», des pièces formidables. Dans la mairie les clichés d’Alfons Alt, que l’on a vu souvent mais qui frappent toujours autant par leurs vieillissements fabriqués ; une magnifique installation de Katia Bourdarel, qui comme toujours joue sur notre peur des contes, les transformations nocturnes, les têtes de cerf et les biches sacrifiées en robe de noce, juste à côté de la salle des mariages. Dehors, un rhinocéros dort fermement (Victoria Klotz), et des lits poussent dans les arbres (Thierry Mouillé), un arc en ciel se dessine sur le lac lorsque d’autres arbres pleurent (Lionel Loestcher), un opossum se repose sur un banc (Lina Jabbour). Partout les artistes décalent le réel et l’apaisent, signe du printemps. Pourvu que cet éphémère persiste !

AGNÈS FRESCHEL

Juin 2012

 

Le Festival des Arts Ephémères a eu lieu du 24 mai au 3 juin

 

Entre ciel et terre

Le BNM a apporté sa contribution aux Flâneries et aux Arts éphémères avec une performance dansée et chorégraphiée par Anton Zvir, jeune biélorusse plein de talent et Béatrice Mille, entrés respectivement au Ballet en 2006 et 2009. Ce pas de deux porte le nom évocateur de Doux ?, avec une interrogation qui souligne tout ce que peut cacher la douceur d’une relation amoureuse. À Maison Blanche, dansé devant le plan d’eau, à côté du lit accueillant de Thierry Mouillé, ce duo apportait un moment de tendresse suspendu, un peu d’éternité. Et comme en écho l’artiste russe Roman Korzhov offrait aux spectateurs la possibilité de participer à l’expérience de la liberté en libérant des ballons blancs gonflés à l’hélium, retenus au sol par un verre en plastique blanc rempli d’eau. Il s’agissait de vider peu à peu l’eau pour permettre aux ballons de rester en suspension, puis de s’envoler… Deux expériences entre ciel et terre !

CHRIS BOURGUE

Juin 2012

Parc Maison Blanche
150 Boulevard Paul Claudel
13009 Marseille
04 91 14 63 50