Les toiles de Gilles Altieri à la Galerie du Canon de Toulon, jusqu'au 3 février

Vers une nouvelle beauté

• 1 décembre 2017⇒3 mars 2018 •
Les toiles de Gilles Altieri à la Galerie du Canon de Toulon, jusqu'au 3 février - Zibeline

À l’approche du premier anniversaire de la galerie du Canon à Toulon dans la pimpante Rue des arts, son co-fondateur Gilles Altieri endosse aujourd’hui seulement sa casquette d’artiste. Ceux qui fréquentèrent l’Hôtel des arts connaissent bien sa haute silhouette, sa casquette et ses lunettes rondes, peut-être un peu moins sa création picturale. « La ligne artistique, c’est moi » déclare-t-il lorsqu’on l’interroge sur « la couleur » de la galerie, précisant que le promoteur Jacques Mikaélian en est le propriétaire et mécène. Dans un white cube de 250m2, ses toiles jouent au chat et à la souris avec les œuvres de Gérald Thupinier et Didier Demozay, deux comparses de longue date avec lesquels il partage les mêmes affinités plastiques, les mêmes racines, même si leurs expressions stylistiques diffèrent. « On est issus de la même matrice », à savoir l’Action Painting et le minimalisme américain. D’où cet étrange effet d’uniformité apparente lors de notre premier tour de piste dans les salles. C’est en revenant sur nos pas et en maximisant la mise en regard de leurs peintures, dessins et collages que les lignes de force de chacun s’affirment. Dans les variations des coups de pinceaux, les superpositions de couleurs, la structure interne, les effets de lumière. Les tableaux vivants de Gérald Thupinier creusent la matière à la manière des bas-reliefs tandis que Gilles Altieri radicalise son propos : aux formes carrées imbriquées se substituent aujourd’hui des aplats mis en tension les uns les autres, une recherche de déséquilibre et de rythme. C’est une peinture dessinée où l’écriture obéit à une certaine logique. « Ça passe ou ça casse, reconnaît-il volontiers, je fais beaucoup d’essais, d’erreurs et de strates empilées les unes les autres, et je jette également beaucoup ». À l’inverse, Didier Demozay s’est éloigné d’une certaine idée du mouvement pour atteindre une plénitude statique par un seul jeu de deux couleurs brossées en gestes larges. Pour Gilles Altieri, chacun à sa manière « cherche à faire un pas de plus pour aller plus loin que la beauté ».

MARIE GODEFRIN-GUIDICELLI et JULES GUIDICELLI
Janvier 2018

Sans titre !
jusqu’au 3 février
Galerie du Canon, Toulon
04 94 24 82 06
galerieducanon.com

Photo : Gilles Altieri © Jules Guidicelli