Retour de la mise en scène d’Aïda de Charles Roubaud sur la scène marseillaise.

Verdi à l’optiqueVu par Zibeline

• 21 septembre 2013⇒3 octobre 2013 •
Retour de la mise en scène d’Aïda de Charles Roubaud sur la scène marseillaise. - Zibeline

C’est avec plaisir qu’on retrouve la belle mise en scène d’Aïda signée Charles Roubaud, après Marseille en 2008 et Orange en 2011. Pour l’ouverture de la saison imaginée par Maurice Xiberras, on assiste derechef à une féerie de projections d’images, en fond de scène ou sur les côtés, à même les pans de décor ou sur des tombées de rideaux servant d’écran,  simulant des colonnes, parois en bas-relief, pyramidales et statuaires, fleuve mouvant de reflets lunaires, défilé militaire amplifiant le « triomphe » aux « trompettes » stéréophoniques… C’est un habile emboîtement d’effets d’optiques, travelling cinématographiques du plus bel effet… Jusqu’au final où, suivant le livret, le tombeau s’ouvre sur un ciel nocturne… et nous laisse la tête dans les étoiles !

Sur le plateau, Zoran Todorovitch (Radamès) donne le meilleur de lui-même en dépit d’une forte laryngite (le 27 sept) entravant sa puissance naturelle, la justesse des aigus… mais la voix tient, par miracle… jusqu’au bout… Ouf, on a frôle l’annulation !

Michele Capalbo est une Aïda puissante, au timbre large comme son vibrato, elle séduit particulièrement dans les aigus filés pianissimo. Marco di Felice se taille une bonne part du succès avec son beau baryton dans le rôle d’Amonasro, quand Amneris (Sonia Ganassi) émeut à la fin de son ultime cri de désespoir. Les rôles de la Grande Prêtresse (Ludivine Gombert) ou Ramfis (Luiz-Ottavio Faria) sont bien distribués

Dans la fosse, Fabrizio Carminati est dans son jardin avec Verdi : il connait tous les recoins d’une partition qu’il mène d’une baguette sûre. Et ce sont les scènes de foule qui marquent les esprits, comme le ballet « afro-guerrier » de Laurence Fanon, largement plébiscité… et toutes les parties des Chœurs de l’Opéra (dir. Pierre Iodice), comme ses appels puissants à la « Victoire » ou ses « sotto voce » sensibles.

JACQUES FRESCHEL

Septembre 2013

Aïda à l’Opéra de Marseille jusqu’au 3 oct

Photo Christian Dresse

 

 

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