Les riches traditions orales orientales à l'honneur au Mucem

Une plongée au cœur de l’Orient musicalVu par Zibeline

• 24 juillet 2020⇒4 janvier 2021 •
Les riches traditions orales orientales à l'honneur au Mucem - Zibeline

Si l’Orient fascinait déjà le XIXe siècle européen, une partie de sa culture est aujourd’hui presque passée dans l’oubli : celle des musiques traditionnelles. Au Mucem, Kamal Kassar et Fadi Yeni Turk s’évertuent à mettre en lumière ce pan méconnu de l’histoire orientale.

Le 22 juillet, le Mucem dévoilait au public sa nouvelle exposition, L’Orient sonore. Musiques oubliées, Musiques vivantes, constituée à partir des fonds de la Fondation Amar, qui archive les musiques traditionnelles arabes afin qu’elles ne tombent pas dans l’oubli. Mise en place par les co-commissaires Kamal Kassar -créateur de la Fondation Amar- et Fadi Yeni Turk, réalisateur et directeur de la photographie, elle propose aux visiteurs une plongée dans la culture musicale de l’Orient.

Du Maghreb au Qatar en passant par l’Égypte, le Koweït, l’Arabie Saoudite, le Yémen et l’Irak, le visiteur est invité à déambuler dans la salle pour découvrir des musiques rares et l’histoire qui les accompagne. Danses accompagnées de tenues de fête et rythmées par de nombreux instruments ou simple air chanté dans l’intimité, le voyage est riche de découvertes. La première partie de l’exposition réunit 60 des plus de 9000 disques de la Fondation. Devant chacun des 78 tours, le visiteur peut flasher un QR Code pour écouter son contenu, et même le télécharger pour l’écouter plus tard, à sa convenance. Les airs sufis, égyptiens ou encore djezrâwî sont également mis en contexte par le second volet, qui projette sur écrans géants des captations vidéo. Devant chacun d’eux, un tapis aux motifs orientaux sur lequel le visiteur est invité à s’asseoir pour profiter au mieux de l’émotion véhiculée par les enregistrements. Ainsi d’Al Anîn, chant de Haute-Égypte qui n’est plus pratiqué que par quatre interprètes : sur une prise de vue réalisée en 2019, on les voit débattre en rythme de l’amour. Semsmiyye, qasba, tamboura… autant d’instruments pour la plupart inconnus du grand public lui sont présentés. L’immersion est à la fois ludique, sonore et visuelle, même si une première impression de confusion peut déconcerter. En pénétrant dans la pièce, tous les sons se mêlent en un vaste brouhaha : il faut s’installer confortablement devant la diffusion de son choix pour se laisser bercer par la musique.

Jusqu’au 4 janvier 2021, malgré les restrictions dues à la crise sanitaire, il sera donc possible de voyager via le Mucem au sein des traditions orales orientales, comme l’explique Pierre Giner, directeur artistique de l’exposition. Un moyen d’écouter « des musiques que l’on ne peut plus entendre autrement ».

MORGANE POULET
Juillet 2020

L’Orient sonore
jusqu’au 4 janvier
Mucem, Marseille

Photo : Image de la vidéo Les quatre derniers interprètes d’Al Anîn Réalisation Fadi Yeni Turk -c- Gaëlle Cloarec

Mucem
Môle J4
13002 Marseille
04 84 35 13 13
mucem.org