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Vu par Zibeline

Mandoline & piano au salon

Une histoire marseillaise !

• 10 décembre 2013 •
Mandoline & piano au salon  - Zibeline

Ça se fait de plus en plus… S’organisent ci et là des concerts privés, espèces de salons mélomanes à l’ancienne où l’on accueille des artistes dans l’intimité d’un appartement. A Marseille, en 2013, on renoue avec la tradition de salons tenus en leur bastide par Lily Pastré ou Marie de Sormiou (Villa Magalone). Depuis 20 ans déjà, la pianiste Christiane Berlandini-Laurent concocte ses « Moments musicaux » du côté de Notre-Dame. Plus récemment, la chanteuse Larenka Hoareau a ouvert sa porte de la Place des Capucines à des récitals favorisant un contact privilégié avec les artistes.

Et pour en apprendre sur l’histoire marseillaise de la mandoline, il fallait y venir, le 10 décembre, écouter Vincent Beer-Demander, jeune toulousain débarqué sur la Canebière pour reprendre le flambeau local de l’instrument à plectres (voir article www.journalzibeline.fr/critique/on-en-pince) ! Non-content de nous faire découvrir des opus ignorés du mélomane moyen, le virtuose, secondé au piano par Frédéric Isoletta surfant à mille croches sur les touches d’un Pleyel, nous raconte un âge d’or de la mandoline : ces années-folles où la France comptait trois millions de mandolinistes, quand à Marseille œuvrait un orchestre à plectres par quartier, où l’instrument avait son propre magazine (« Le Plectre » de 1904-1934)… Marseille était un peu la « Naples française », tant la mandoline était ancrée dans la culture locale, en particulier grâce à Laurent Fantauzzi qui fut le premier professeur d’une classe de mandoline ouverte dans un conservatoire en France entre 1921 et 1941. Ce disciple de Raffaele Calace (1863-1934) a formé et côtoyé tout un vivier de musiciens qui ont composé des œuvres tournoyantes de gaité populaire, acrobatiques de virtuosité, riches en trémolos vibrants ou pizzicati pointillistes… Elles sont signées Vincent Scotto ou Mario Monti (Csardas), pour les plus célèbres, mais aussi Antoine Padutto (musicien et… anarchiste !), Théodore Thurner (celui du boulevard qui grimpe vers Notre-Dame du Mont !) ou Jeanne de Benedetti (mandoliniste et 1er violon à l’Opéra de Marseille)…

Entre 1950 et 1980 la mandoline, qualifiée de « poussiéreuse », est tombée en désuétude, surfant sur une vague populaire et amateur trop conventionnelle, faute surtout d’un nouveau répertoire, moderne et attrayant. Aujourd’hui un sang neuf coule dans ses double-cordes grâce, en particulier, au panache de Vincent Beer-Demander (qui conduit désormais la classe de mandoline du CNRR de Marseille) ou à son ébouriffant Tango Mediterraneo joué à toute volée percussive, lyrisme flamboyant et maestria technique.

JACQUES FRESCHEL
Décembre 2013

http://academie-mandolines-marseille.over-blog.com

Vincent Beer-Demander & C° « Mandoline for ever » à Marseille le 12 avril à l’Alcazar. www.bmvr.marseille.fr

« Chants de Noël » par Larenka Hoareau & Frédéric Isoletta à Marseille, le 22 déc à 16h30. Estaque (église)

www.larenkahoareau.com

Photo : Frédéric Isoletta & Vincent Beer-Demander © J.F