Vu par Zibeline

Un tourbillon de plaisirs à l’Odéon

Une farce flamboyante

Un tourbillon de plaisirs à l’Odéon - Zibeline

Deux hommes qui aiment la même femme qui, elle, en aime un autre ! Un baron suédois qui débarque à Paris pour goûter aux plaisirs frivoles, délaissant sa femme dans les bras d’un faux guide, des domestiques qui deviennent aristocrates… tout est farce, exaltation de vivre. Cette intrigue loufoque des librettistes Meilhac et Halévy, satire d’une société artificielle, offre à Jacques Offenbach un opéra-bouffe d’une variété dramatique et musicale inouïe, dont Nadine Duffaut signe une mise en scène sans temps morts, dynamique. Laurence Janot a toujours cette belle allure d’ancienne danseuse étoile. Et si le rôle (Métella) est trop grave pour elle, son assurance, sa technique, lui permettent d’être à l’aise dans ce personnage d’amante si convoitée et sensuelle. Cécile Galois et Olivier Grand sont une Baronne et un Baron de Gondremarck truculents, belles voix solides. Carole Clin (Pauline) est coquine à souhait, timbre symbolisant la vraie gouaille parisienne. Samy Camps (Raoul de Grandefeu) est survolté, passionné, excellent chanteur, acteur vibrant, son compère Bobinet, Rémy Mathieu, est son double parfait : posture et engagement vocal somptueux. Eric Huchet est Frick, bottier puis touriste brésilien, beau timbre et drôlerie irrésistible quand il vend sa marchandise devant la sublime gantière Gabrielle, Amélie Robins, magnifique, voix splendide, éclatante, jeu pétillant. Antoine Garcin, Jacques Lemaire, Antoine Bonelli, Michel Delfau ainsi que les trois nièces, Priscilla Beyrand, Lorrie Garcia, Nelly Bois, complètent de la meilleure des façons cette belle distribution. Le Choeur de l’Odéon (direction Rémy Littolf) joue et chante avec un plaisir communicatif. L’orchestre de l’Odéon manquait de densité pour soutenir un plateau puissant et sonore, trop peu de cordes, et des vents parsemés, malgré un chef (Emmanuel Trenque) qui essayait toujours de faire ressortir l’univers d’Offenbach, dans les interventions solistes comme les tutti, entre folle énergie et douce mélancolie. Un tourbillon de plaisirs partagés, dans la frénésie du cancan, concluait cette flamboyante représentation.

YVES BERGÉ
Mars 2018

La Vie Parisienne a été donnée les 24 et 25 février à l’Odéon, Marseille

Photographie : La Vie parisienne © Christian Dresse


L’Odéon
162 La Canebière
13001 Marseille
04 96 12 52 70
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