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Retour sur les deux dernières soirées denses en émotion du 34e festival international de piano de La Roque d'Anthéron

Une clôture électrique !

• 16 août 2014⇒17 août 2014 •
Retour sur les deux dernières soirées denses en émotion du 34e festival international de piano de La Roque d'Anthéron - Zibeline

Deux soirées denses en émotion ont mis terme au 34e festival international de piano de La Roque d’Anthéron

À la tête du somptueux Orchestre Symphonique Tchaïkovsky de Moscou, le jeune, mais non moins excellent chef letton Andris Poga a eu l’occasion de faire rougir sa baguette dans un programme ébouriffant. L’atmosphère anormalement fraîche pour un samedi du mois d’août s’est très rapidement réchauffée avec un Nicholas Angelich des grands jours qui a dévoré, avec la maestria qu’on lui connaît, les deux concertos pour piano de Franz Liszt. Impérial dans les grandes pages virtuoses du compositeur hongrois, c’est dans les passages lents que l’artiste est arrivé à inventer des timbres inouïs, parvenant à l’essence même de l’œuvre. D’une grande complexité formelle, les idées mélodiques se bousculant et s’entremêlant, l’architecture de ces deux grands concertos trouva son point d’équilibre dans une parfaite harmonie entre l’orchestre et le piano. Jamais trop présent, surlignant avec intelligence les grandes lignes mélodiques du piano, le chef sut trouver la juste mesure en équilibrant parfaitement les plans sonores. Les extraits de Roméo et Juliette, tirés des Suites pour orchestre de Prokofiev, furent de la même veine que les pièces précédentes : splendides ! Les éclats de la Mort de Tybalt firent vibrer les platanes du parc du château de Florans, prodromes du feu d’artifice du lendemain. Car c’est bien du feu qu’a dans les mains le jeune prodige russe Lukas Géniusas ! Collé à son clavier, envahi par sa musique, étonnamment mature pour ses 24 ans, l’artiste moscovite se coula à la perfection dans les superbes envolées lyriques du Concerto n°2 de Rachmaninov ; jamais exubérant, fort d’une puissance parfaitement canalisée, son interprétation jamais emphatique fut d’une extrême poésie. L’orchestre, parfois un peu fort, certainement submergé par ce surplus d’émotion, put donner sa pleine mesure dans l’énorme Quatrième symphonie de Tchaïkovsky. On comprend mieux pourquoi cette formation prit le nom de cet immense compositeur à l’aulne de son interprétation ébouriffante ! Entre la délicatesse tout en pizzicato du Scherzo, les éclats de l’Andante sostenuto du premier mouvement, dans une palette d’intensité remarquable, l’énorme machine russe se lâcha définitivement dans un final volcanique. Vivement la 35e !

CHRISTOPHE FLOQUET
Septembre 2014

Les concerts ont eu lieu les 16 et 17 août au parc du château Florans à La Roque d’Anthéron

Photo : Orchestre Symphonique Tchaïkovsky Moscou © X-D.R


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