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Jean-Paul Sidolle signe son catalogue Mémoires d'éléphants à Marseille et Nice

Un projet éléphantesque !

• 5 décembre 2015, 4 février 2016 •
Jean-Paul Sidolle signe son catalogue Mémoires d'éléphants à Marseille et Nice - Zibeline

35 ans d’âge, 1025 éléphants-objets, 920 artistes, 58 pays et un seul homme pour faire le lien : Jean-Paul Sidolle, né à Arenc, aujourd’hui gardien de musée honoraire à Nantes. Mais les chiffres, finalement, disent peu de son projet pharaonique «Mémoires d’éléphants» né de sa découverte de Fritz l’éléphant naturalisé, exposé au musée des Beaux-arts de Nantes. Sa prise de conscience d’un monde animal en voie de disparition fut telle qu’il se lança tout de go dans une aventure à nulle autre pareille : embrasser la cause des espèces exterminées en donnant vie à une autre espèce, d’une autre nature, qui associerait un éléphant-objet à une épreuve d’artiste. 35 ans plus tard, son ardeur n’est pas entamée, relayée par un contingent d’anonymes donateurs et de fidèles artistes. Pour lui, Toni Grand a créé Elephantis nautilius 1813 tatoué sur le corps d’un poisson (bois et stratifié, polyester, 2004), Dominique Angel a écrit et réalisé la vidéo Pièce supplémentaire n°29 (l’évasion) en 2008, Nicolas Rubinstein lui a «offert» l’installation X, vous êtes ici produite en 2010 par Le Lieu unique à Nantes. Pour lui encore, les architectes Rudy Ricciotti et Patrick Bouchain ont dédié respectivement le Pavillon Noir à Aix et le Lieu unique à Nantes à travers des photographies signées. Et tant d’autres encore, de Fabrice Hyber, le premier à avoir répondu favorablement à sa requête, à Anne et Patrick Poirier qui ont réalisé, en 2014, le dessin Curiositas, là c’est notre mémoire suite à leur rencontre.

À défaut de pouvoir découvrir sur pièce ces binômes singuliers qui firent l’objet d’une exposition à L’Atelier à Nantes en 2012 -mais qui n’a jamais trouvé preneur à Marseille en 2013-, on peut retrouver leurs traces dans le catalogue Mémoires d’éléphants que l’auteur signera le 5 décembre à la galerie Gourvennec-Ogor. Car l’aventure désintéressée portée par Jean-Paul Sidolle ne laisse pas indifférent : «Sur la forme, c’est d’une grande générosité, confie Didier Gourvennec Ogor. Sur le fond, c’est aussi poétique et politique car Jean-Paul a identifié depuis longtemps cette problématique de la protection de la planète». Tandis que Nathalie Dunoir, directrice de l’agence Bleu ciel, ne désespère pas de convaincre les institutions marseillaises !

Mémoires d’éléphants paraît à l’heure de l’ouverture de la COP21 car «il ne faut pas que l’éléphant disparaisse, se désespère Jean-Paul Sidolle, sinon c’est la terre qui s’écroule». Dans cet album d’images, seules les œuvres sont recensées, manque les éléphants-objets glanés par delà les ans, accolés de manière chronologique et donc totalement aléatoire ! C’est là tout l’intérêt de l’exposition que de les réunir… Une fois entrées dans cette collection virtuelle, qu’elles soient acquises par une institution ou un collectionneur, qu’elles fassent les beaux jours d’une exposition, les œuvres ne pourront pas se départir de leur appartenance à ce troupeau hétéroclite qui «met l’art au service de la vie, la vie étant elle-même issue de la création».

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Novembre 2015

Signature le 5 décembre de 16 h à 18h, Galerie Gourvennec Ogor, Marseille, et le 4 février à l’Hôtel Windsor, Chambres d’artistes, Nice

Photo : © MGG Zibeline