Un opéra pour tousVu par Zibeline

 - Zibeline

Représenter Madame Butterfly de Puccini, avec un seul piano, peu de décors, de jeunes chanteurs, des prix d’entrée attractifs, est un pari populaire. La Compagnie l’Opéra-Théâtre Pour Tous (OPT) le réussit, en mettant une  énergie, un engagement artistique et technique sans failles. Les excellents  pianistes Pierre-Luc Landais et Ludovic Selmi font parfois oublier l’orchestre absent et la vidéo éclaire l’inconscient des personnages : l’encre des lettres et le sang de Butterfly se mêlent aux remous de la mer. On peut regretter le manque de clarté de la voix off (passages issus de la pièce Madame Butterfly de Belasco et du roman de Pierre Lotti Madame Chrysanthème) et les textes en français peu percutants des chanteurs. Avant scène cour, Cio-Cio San, remarquable Marylin Clément, est cloisonnée dans un monde traditionnel, entre désirs et désillusions. La soprano maîtrise les difficultés de l’ouvrage, du duo du premier acte, (viene la sera)  à l’air célébrissime (un bel dì vedremo…traduit vocalement  en français « Sur la mer calmée »). Emmanuelle Zoldani, incarne une Suzuki solide, présente, poignante vocalement et scéniquement. Cyril Rovery, directeur musical d’Opéra Pour Tous, est Sharpless, consul américain à Nagasaki, vieilli, désabusé ; beaux accents, voix pleine et sonore, présence imposante d’un sage plein de tendresse. Pinkerton est le jeune Florian Cafiero : la voix est encore verte et le jeu manque de profondeur, mais un beau timbre, une certaine vaillance qu’il faudra canaliser dans les aigus, trop forcés. Saluons la jolie performance d’Aurélie Robinault (Cousine, chœur, Kate), timbre élégant et incisif. Goro, sordide entremetteur, est le bondissant Olivier Trommenschlager. On découvre la belle voix de baryton de Jean-Marc Jonca, Commissaire Impérial et Prince Yamadori. La mise en scène de Karine Laleu et les éclairages subtils de Geoffrey Parant offrent de beaux moments de poésie sur des lumières tamisées, dans un chœur à bouche fermée. L’équipe de lOPT redonne le goût de l’art lyrique, dans une dimension plus populaire, dépouillée, sans oublier et l’exigence de la qualité.

YVES BERGE

Août 2012

 

Madame Butterfly. Théâtre Silvain

L’Opéra-Théâtre Pour Tous

 

Samedi 11 août 2012

www.operatheatrepourtous.com

Théâtre Silvain
Anse de la Fausse Monnaie
Chemin du Pont
13007 Marseille
04 91 31 40 17
http://www.capsur2013.fr/