Les concerts de la Société de Musique de Chambre de Marseille

Un nid à préserver !

Les concerts de la Société de Musique de Chambre de Marseille - Zibeline

Il est un coin privilégié où l’on peut entendre encore, et ce depuis 1919 que la Société de Musique de Chambre de Marseille existe, des programmes choisis avec soin, goût et entendement, interprétés par des artistes de haut-vol. Dans l’Auditorium de la Faculté de Médecine (récemment rénové) l’acoustique est idéale et le public proche des interprètes. « Sans aucun appui financier et logistique », l’équipe de bénévoles, totalement dévouée à la cause de l’art et des sociétaires, accomplit un travail remarquable. Peut-être à aucun autre endroit dans la région rencontre-t-on des conditions aussi propices à l’écoute attentive de musiciens en récital !

Pour que cela dure, il est nécessaire que ceux qui tiennent à préserver ce nid musical où, « sans élitisme et sans démagogie », la musique est reine (mais qui, pour diverses raisons, n’ont pas franchi le pas de l’adhésion, seule bouée de survie de l’association), arrêtent leur valse hésitation. Si un jour la SMCM cesse ses activités, faute de moyens consécutifs au franchissement d’un seuil minimum d’adhérents, la Marseille musicale et culturelle qu’on aime et défend dans ces colonnes mettra un genou à terre !

Les rangs étaient moins serrés que d’habitude à La Timone en regard des traditionnels concerts de rentrée de saison… Espérons que cela ne sera que passager !

Le 9 octobre, le pianiste Francesco Piemontesi a charmé l’assistance avec Schubert : trois sonates interprétées avec une grande finesse. Alliant souplesse et légèreté, élégance et agilité, le pianiste a dessiné, avec clarté, les thèmes, refrains ou variations, qui constituent les 5ème, 15ème et 18ème Sonates écrites dans le ton de la. Le chant, faussement candide, y laisse entrevoir un bonheur éphémère, fragile. Les soupirs sondent l’âme humaine ; les réponses, qui n’en sont pas vraiment, sont tantôt sombres, tranchantes ou lumineuses, sereines… Et le Suisse a su rendre cette mélancolie qui pointe sous le masque de la félicité, comme l’échappée du temps proprement schubertienne…

JACQUES FRESCHEL

Octobre 2012

 

Prochain concert le 13 nov à 20h : Paul Meyer (clarinette) et Eric Le Sage (piano)

http://www.musiquedechambremarseille.org