Vu par ZibelineBeau succès de Victorien Vanoosten à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Marseille au Silo

Un intérim payant !

• 22 janvier 2017 •
Beau succès de Victorien Vanoosten à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Marseille au Silo - Zibeline

Dès les premières mesures d’Egmont, drame de Goethe passé à la postérité grâce à l’ouverture que Beethoven lui associa à la scène, on sent que l’Orchestre Philharmonique de Marseille, emmené par son « violon super soliste » Da-Min Kim, ses chefs de pupitres, va faire front, mettre ses talents individuel et collectif au service (voire au secours !) de son chef assistant Victorien Vanoosten. On a l’habitude de voir le jeune maestro surgir de la fosse en remplacement du directeur en chaire Lawrence Foster. Là, quasiment au pied levé, il assure l’intérim de Paolo Arrivabeni dans un concert placé sous le signe du grand romantisme symphonique. De surcroît, il a dû faire travailler la phalange phocéenne, au dernier moment, sur un programme différent de celui annoncé : un malheur dit-on, n’arrivant jamais seul, on a appris deux jours avant son récital, la défection du violoniste Dmitri Makhin (souffrant dit-on du même virus que le chef italien) ! Ce n’est donc pas Paganini qu’on découvre, mais Mendelssohn et son plus célèbre concerto interprété par une jeune artiste transalpine : Anna Tifu. Y perd-on au change ? Nul ne sait, mais le fait est que la jeune paire chef/violoniste fait mouche dans les belles phrases chantantes et passionnées, romances rêveuses ou traits capricieux, alors que l’orchestre déroule sous leur pas de deux un tapis lumineux.

Changement d’atmosphère en seconde partie ! C’est le cri d’un oiseau blessé qu’on entend, plaintif, tentant vainement de reprendre son vol, avant de retomber sur un si grave, profond, implacable et glacial, funèbre… Dans la « Pathétique » de Tchaïkovski, les musiciens moulent leur tendresse mélancolique, leur lyrisme fougueux dans l’ample dessin de la jeune baguette, valsent à cinq temps, cavalent impétueusement… avant de basculer dans le sombre final où les entraîne Victorien Vanoosten qui trouve, dans la tension tragique développée en expansion par le compositeur russe, l’opportunité de montrer l’étendue de ses atouts expressifs.

Un beau succès au Silo !

JACQUES FRESCHEL

Janvier 2017

Opéra de Marseille

Photo © Victorien Vanoosten

Le Silo
35 quai du Lazaret
13002 Marseille
04 91 90 00 00
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