Derniers accords d'été du Festival Durance Luberon

Un final lyriqueVu par Zibeline

• 9 août 2013⇒25 août 2013 •
Derniers accords d'été du Festival Durance Luberon - Zibeline

C’est sur la délicieuse place de Grambois que s’achève la partie estivale du festival Durance Luberon. Faut-il en rappeler le succès, la variété des spectacles, leur qualité, leur originalité aussi, tant des lieux de représentation (places de villages, châteaux endormis, abbaye, théâtre, cour d’école, domaines viticoles) que des mondes abordés, Bach burlesque, poèmes romantiques, flamenco, fanfare enjouée… On navigue entre les époques, les genres, on se laisse surprendre, enchanter… Il devient nécessaire de réserver ses places pour la plupart des soirées ! Le mérite revient certes au choix judicieux des artistes, mais aussi au dévouement indéfectible des bénévoles qui année après année organisent, accueillent, mettent en place. Les 24 et 25 août, un dernier ApérOpéra (cela fait partie des traditions du festival, ApéroJazz, ApérOpéra, où musique et convivialité se conjuguent) permet à un pianiste et une chanteuse lyrique de se rencontrer. Remplaçant au pied levé la soprano prévue, Ameylia Saad Wu dans un programme éclectique et ambitieux dessinait un joli panorama du chant lyrique, de Mozart à Bernstein en passant par Verdi, Bellini, Delibes. Elle partagea les atermoiements passionnés d’Aspasia de Mitridate, re di Ponto, (Nel sen mi palpita) puis de Violetta de La Traviata dans le célèbre Ah, fors’è lui…Sempre libera avec un beau contre mi bémol. Véritable actrice, c’est avec humour que la jeune artiste endosse les rôles d’Amina de la Somnambule de Bellini Ah non credea mirarti ou plus encore la volage Cunégonde du Candide de Bernstein Glitter and be gay. Si les médiums et les basses manquent un peu d’étoffe, les variations dans les aigus enthousiasment le public avec entre autres l’Air des clochettes de Lakmé.        Au piano, Vladik Polionov, un habitué du festival accompagne la chanteuse avec intelligence, présente avec humour et légèreté les différents morceaux, instaurant d’emblée une connivence joyeuse avec le public. En intermèdes, comme modestement il le laisse entendre, « pour reposer la voix de sa comparse », il livre une magnifique interprétation de deux transcriptions pour piano de Franz Liszt, Paraphrase de concert sur Rigoletto de Verdi et La Mort d’Isolde de Wagner. Souplesse du phrasé, virtuosité des traits, rondeur des notes, accordent à la subtile exécution de ces pièces un supplément d’âme. Temps suspendu dans cette fin de jour, la magie opère, transfigurant les façades en un décor d’opéra romantique. En bis la malicieuse Arlette de La Chauve-Souris de Strauss se défend d’être soubrette, et accuse en comédienne consommée son maître d’être un imposteur. On savoure encore les derniers parfums de l’été que le festival a une fois de plus enchanté. Déjà le programme de l’automne s’annonce…

MARYVONNE COLOMBANI

Septembre 2013

 

Crédit photo : Bertrand Périsson/ Festival Durance Luberon

Le concert a été donné le 25 août Grambois