Le Festival de Pâques nous donne rendez-vous en 2022

Un final éblouissantVu par Zibeline

Le Festival de Pâques nous donne rendez-vous en 2022 - Zibeline

Le Festival de Pâques a donc bien eu lieu cette année malgré tout. En version numérique, certes, mais accessible à tous, et gratuit, il a touché plus de public encore et dans le monde entier. Le directeur des Théâtres, Dominique Bluzet, rendit en cette dernière soirée un hommage appuyé aux mécènes (le CIC en tête) et surtout à celui qui a su réunir les artistes, remplacés au dernier moment parfois, tant la crise « covidienne » a des implications inattendues, le violoniste Renaud Capuçon. Ce dernier proposait en final une carte blanche au cours de laquelle, fidèle à l’esprit de partage et de transmission qui l’anime, il réunissait une phalange de jeunes talents déjà à la tête de carrières impressionnantes, primés aux concours internationaux, bref, la fine fleur de la musique française répartie sur deux octuors en miroir. L’Octuor à cordes en mi bémol majeur composé par le tout jeune Félix Mendelssohn en 1825 pour, dit-on, l’anniversaire de son professeur de violon et ami Eduard Ritz, et l’Octuor à cordes en si bémol majeur opus posthume de Max Buch. L’œuvre de la pleine maturité fait écho à celle des débuts, lui rend hommage dans cette forme que le compositeur trouvait « parfaite ».

                 

Citons-les tous, ces jeunes artistes, tant l’intelligence de leur jeu servit avec une délicate justesse les pièces de ces deux compositeurs. Pour interpréter la partition mendelssohnienne, unissant la virtuosité de leurs instruments : les violonistes Fanny Robilliard, Raphaëlle Moreau, David Petrlik, les altistes Adrien La Marca, Béatrice Muthelet, les violoncellistes Aurélien Pascal et Justine Metral aux côtés de Renaud Capuçon. La finesse de l’œuvre était rendue sensible dans le jeu pailleté de ses nuances, de ses variations infimes, de ses respirations où l’instant se révèle dans sa fragile beauté. À l’intensité onirique répondait l’ample fougue de l’œuvre de Buch emplie d’une passion toute romantique où le lyrisme côtoie avec aisance des pages au rythme hardi, usant de chaque instrument comme d’un pupitre d’orchestre. Eva Zavaro, Guillaume Chilemme, Thomas Lefort (violons), Violaine Despeyroux, Gabrielle Lafait (altos), Yan Levionnois, Caroline Sypniewski (violoncelles), toujours sous la houlette de Renaud Capuçon qui apportait encore la subtile élégance de son violon au service d’une musique qui ne cesse de se réinventer.

En troisième partie, l’altiste Gérard Caussé, le violoncelliste Edgar Moreau et le pianiste Lahav Shani rejoignaient Renaud Capuçon pour apporter leur puissance et leur lumineuse maestria au Quatuor pour piano et cordes n°1 en sol mineur opus 25 de Johannes Brahms. Chaque instrument traité en soliste avec ses morceaux de bravoure, noue avec les autres de bouleversantes connivences, s’emporte en envolées irrésistibles, s’apaise avec légèreté, puis se déchaîne avec jubilation dans le célèbre finale rondo alla zingarese. Une vivacité qui nous rappelle à chaque note combien la musique vivante nous manque.

MARYVONNE COLOMBANI
Avril 2021

Concert donné le 11 avril dans le cadre du Festival de Pâques 2021

Photographies : Festival de Pâques 2021 © Caroline Doutre

À venir : Festival de Pâques du 8 au 21 avril 2022

Grand Théâtre de Provence
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08 2013 2013
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