Une indispensable joie de vivre sur la scène de l'Odéon avec l'opérette Dédé de Christiné

Un divertissement nécessaireVu par Zibeline

• 26 novembre 2016⇒27 novembre 2016, 18 décembre 2016 •
Une indispensable joie de vivre sur la scène de l'Odéon avec l'opérette Dédé de Christiné - Zibeline

Dédé est une sympathique opérette conçue dans la foulée de la Grande Guerre par Albert Willemetz (livret) et, pour la musique, l’auteur de Phi-Phi Henri Christiné. C’est du pur divertissement qui, s’il est bien monté, avec rythme, talent et bon goût, donne à respirer dans l’air d’aujourd’hui d’exquises fragrances d’antan, joyeuses et coquines, légères et festives… Des parfums nécessaires de nos jours : ceux d’un art de vivre à la française, revendiquant légèreté et frivolité… champagne et paillettes, danses et chansons… en toute liberté !

L’histoire rapproche le noceur de la femme adultère, un mari cocu et des danseuses du casino Paris employées comme vendeuses de chaussures, des policiers et des syndicalistes… On y découvre des commerces en tous genres, au fil de souvenirs de régiment, quiproquos et calembours sur des airs balancés dont le célèbre « Dans la vie faut pas s’en faire »

A l’Odéon, les 26 et 27 novembre, un orchestre réduit mène la danse avec entrain. Aux claviers, Bruno Membray et Caroline Oliveros, Sylvain Pecot et Nicolas Reboud à la contrebasse et à la batterie soutiennent la partie mélodique (marathonienne pour les lèvres !) assurée par le trompettiste Gérard Ocello. Les instrumentistes se moulent dans le rythme imposé par le formidable metteur en scène et acteur Jacques Duparc (Robert Duvergne) qui insuffle à l’ensemble tous les ingrédients nécessaires au succès de l’entreprise. Le « métier » coule dans les veines du bonhomme qu’il transfuse à la distribution. Malgré un casting un peu discutable quant au rapports générationnels, on apprécie la présence plastique et vocale de Grégory Benchenafi dans le rôle titre et l’Odette luxueuse, lyrique et puissante (voire même trop par instants) de Cécile Galois. Carole Clin est pimpante, séduisante, revêche à souhait dans le rôle de Denise, amoureuse secrète aux charmes cachés. Jacques Lemaire (Maître Leroydet… quoi?) toujours drôle en grognard expert de l’opérette à l’instar de Francis Dudziak en Monsieur Chausson, chausseur cornu finalement récompensé, les précieux petits rôles (Jean Goltier, Stéphane Defolie, Bruno Simon) et les six danseuses/chanteuses se meuvent à leur aise dans un décor délicieusement kitch et inventif qui ravit le public venu en nombre assister à ce divertissement nécessaire.

JACQUES FRESCHEL
Décembre 2016

http://odeon.marseille.fr

Avant La route fleurie de Francis Lopez les 14 et 15 janvier et Véronique d’André Messager les 4 et 5 février, on n’oublie pas les nouveautés à l’affiche dans le cadre des « Dimanches d’Offenbach » avec Monsieur Choufleuri restera chez lui le 18 décembre à 16h au Foyer de l’Odéon.

Photo : Dédé à l’Odéon © Christian Dresse

L’Odéon
162 La Canebière
13001 Marseille
04 96 12 52 70
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