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Retour sur le concert offert par Perrine Mansuy et son band lors du Festival Marseille Jazz des 5 Continents

Un coquillage miraculeux

• 22 juillet 2015 •
Retour sur le concert offert par Perrine Mansuy et son band lors du Festival Marseille Jazz des 5 Continents - Zibeline

Lors de l’été 2013, année Capitale, Perrine Mansuy était l’animatrice principale des Afters, les sessions d’après concerts au Théâtre La Criée où l’on a vu défiler un nombre impressionnant de musiciens/iennes pour le bœuf de fin de soirée, histoire de nourrir encore et encore les fans de jazz pas encore rassasiés par les concerts du festival.

La pianiste, en quintet, accède aujourd’hui à la grande scène du Palais Longchamp et cette excellente opportunité lui donne l’occasion de présenter ses toutes dernières compositions. Enregistrées récemment au studio LaBorie, Rainbow Shell est le titre du CD que l’on devrait trouver dans les bacs d’ici quelques mois.

L’entrée sur scène de Perrine Mansuy est parfaitement assurée, quelques notes sont lâchées par le clavier, les musiciens s’installent, vérifient l’accord et le monde musical de la pianiste se dévoile peu à peu. Son univers se raconte en de multiples histoires où alternent rythme enlevé, douceur, tumulte et exaltation, et cela au travers du travail sur le timbre : elle a su judicieusement s’entourer du violoncelle d’Eric Longsworth qui joue du côté mélodique avec la rondeur du frotté des cordes par le jeu de l’archet ou par la déambulations des doigts qui les attaquent, et du côté rythmique à la manière d’une contrebasse. Il en découle des textures sonores très complémentaires où les harmoniques sont  nourries par la guitare et les machines à boucles électroniques de Rémy Decrouy. L’univers onirique, le songe, se développent ainsi, faisant fleurir l’imaginaire.

Chanteur de blues entre autre, Mathis Haug est invité à s’immiscer pour quelques chansons dont Fly on. Troisième chanson au tempo rocky-pop-folk (Your father was a sailor). Il prend sa guitare pour la chanson suivante, I’ve blood on my hands… Les développements improvisés au piano se font dans une belle fluidité et Perrine Mansuy n’hésite pas non plus à faire entendre sa voix dans This is the river. N’oublions pas de mentionner la participation d’un de ses fidèles compagnons de route, Jean-Luc Difraya qui assoit le band avec sa batterie et a révélé un jeu d’une grande finesse avec un dosage savant de la puissance. L’auditoire a d’ailleurs fait preuve une grande qualité d’écoute pour cette musique singulière, aux nombreuses influences. Très beau succès pour une création offerte en primeur pour le public marseillais et qui s’est terminée par un blues d’anthologie.

DAN WARZY
Juillet 2015

Ce concert s’est donné en première partie de la soirée du 22 juillet au Palais Longchamp dans le cadre du Festival Marseille Jazz des 5 Continents

Photo : © Dan Warzy