Une « Nuit du Jazz » sous le signe de la créativité et du partage

Tsunami au Palais Carli !Vu par Zibeline

Une « Nuit du Jazz » sous le signe de la créativité et du partage - Zibeline

Au cœur de Marseille, durant 3 jours, une foule joyeuse et passionnée a envahi le Palais Carli, siège du Conservatoire Pierre Barbizet, sage demeure du XIXe, toute de briques et de pierres blanches de Tarascon. L’équipe de France Musique au complet s’y était installée pour diffuser émissions, interviews et concerts en direct et mettre le bicentenaire du Conservatoire en lumière. En effet, dès 1821 la musique occupait les lieux, puis l’édifice d’Espérandieu avait été construit en 1864. Raphaël Imbert, saxophoniste talentueux, nommé directeur en septembre 2019, a donné un nouvel élan à cette belle institution et la Nuit du Jazz du 12 novembre a fait l’effet d’un tsunami. Créée en 1964, la classe de Jazz du conservatoire ne cesse de permettre l’éclosion de brillants musiciens. Aussi avons-nous pu voir et entendre Christophe Leloil à la trompette en compagnie du pianiste américain Rob Clearfield, le Léo Hubert quintet avec Léo Hubert au saxophone alto, et Benoît Moreau à la guitare qu’on retrouve avec son trio le samedi en compagnie de Raphaël Sonntag et Olivier Pinto dans l’émission Jazz Club d’Yvan Amar. Dans le désordre et dans différentes salles, dont la bibliothèque, l’américain Théo Croker, sa trompette « ravageuse » et son dernier album BLK2LIFE-A Future Pest composé durant le confinement, les deux chanteuses Célia Kameni et Elise Vassallucci en duo, le News Things Septet, la pianiste ukrainienne Anna Gruzina, marseillaise depuis peu, et son Quartet… 

Sans don d’ubiquité, impossible d’entendre ni de citer toutes et tous ces jeunes interprètes plein.e.s de talent qui passent avec brio et célérité d’un groupe à l’autre, et d’un étage à l’autre ! Leurs enseignants les ont souvent rejoints, Raphaël Imbert notamment qui, tel un lutin de sa boîte, surgissait à un moment ou l’autre pour faire jaillir sa musique puis repartait vers d’autres partenaires. Il était aussi dans l’émission d’Alex Dutilh et Nathalie Piolé, les célèbres animateurs de Open Jazz et Banzzaï sur France Musique, en compagnie d’Anne Paceo dont la maîtrise de la batterie époustoufle toujours. On a applaudi Edward Perraud, percussionniste et créateur inspiré, en compagnie de Bruno Angelini (ancien de la classe de jazz du conservatoire) au piano et Arnault Cuisinier à la contrebasse, avec des pièces de leur dernier enregistrement Hors temps.

Ce programme a été élaboré en concertation entre France Musique, Jazz des 5 continents et son directeur Hugues Kieffer. Rappelons que le Conservatoire et l’École des Beaux-Arts ont fusionné sous le sigle INSEAMM ; les Arts plastiques étaient d’ailleurs représentés par les écrans en Super 8, suspendus dans l’entrée, du plasticien vidéaste Olivier Lubeck. Installations pleines d’humour avec un clin d’œil bienvenu : la grande statue du David portait sur son ventre l’image animée d’une main qui gratte une guitare. Ce conservatoire qu’on pouvait croire austère a pris un sérieux coup de jeune !

En ces périodes craintives, cette nuit inoubliable de créativité et de partage a réuni un public de tous âges, connaisseurs ou pas, élèves et professeurs, amateurs et professionnels. Gageons qu’il n’attende qu’un signe pour revenir !

CHRIS BOURGUE
Novembre 2021

La Nuit du Jazz s’est tenue le 12 novembre au Palais Carli, Marseille

Photo : Edward Perraud et Raphaël Imbert © Chris Bourgue