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Vu par Zibeline

Renée en botaniste dans les plans hyperboles

Trous de mémoire

Renée en botaniste dans les plans hyperboles - Zibeline

Cela commence comme dans un rêve, et se finit dans la mort. Avec la même lumière blanche. Entre les deux, ce n’est pas la vie qui défile, mais la mémoire de la vie avec ses réminiscences, ses flash-back, ses souvenirs désordonnés. Cette mémoire fragmentaire, trame de Renée en botaniste dans les plans hyperboles est la force et la faiblesse de la nouvelle création de Système Castafiore. La force de son évocation tour à tour poétique, onirique, drôle, transmise par des danseurs facétieux ou évanescents, parés d’accessoires surréalistes (appendices animaliers, perruques, masques), mimant en off des dialogues cinématographiques (on reconnait la voix de Louis de Funès, Signoret, Gabin), s’appropriant phonétiquement des langues étrangères… Mais à mémoire fragmentaire, spectacle disparate ! Car si Marcia Barcellos et Karl Biscuit multiplient les sens, explorent plusieurs pistes et «basculent dans plusieurs niveaux d’existence», l’alternance de tableaux flirtant avec la science-fiction, les comics et les contes, peine à rendre le propos cohérent. Les collages sonores bruyants, les projections d’images vidéo sur des architectures mouvantes (rien de bien neuf), la gestuelle qui swingue au rythme des discours brouillent l’histoire de cette «Renée morte emmenée dans l’hyperbole». Pas d’éclaircie à l’horizon quand, pour conclure cette odyssée hyperbolique, Système Castafiore convoque en vidéo la figure du physicien américain Oppenheimer, célèbre inventeur de la bombe atomique… Heureusement Karl Biscuit a la réponse : «il n’y a pas de sens, il y a des contrastes, des ombres, des rythmes, des dynamiques».

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

Octobre 2012

 

Renée en botaniste dans les plans hyperboles a été créé les 11, 12 et 13 octobre au Théâtre de Grasse