Autour de « La Valse » à l'Alcazar avec l'Opéra de Marseille

Trois temps pour une jeune divaVu par Zibeline

• 16 décembre 2016 •
Autour de « La Valse » à l'Alcazar avec l'Opéra de Marseille - Zibeline

On a valsé à l’approche des fêtes, à l’Alcazar, en compagne d’une magnifique soprano (issue du conservatoire local !) qui explose actuellement sur les scènes européennes : Armelle Khourdoïan. Dire que cette jeune artiste cumule des atouts confère à l’évidence ! Voix impériale, au timbre clair et charnu, souffle alerte, registre sans faille jusqu’au suraigu, la musicienne, à la fois virtuose, sensible et émouvante, à l’aise en scène, a conquis l’auditoire avec des pages redoutables comme « Je veux vivre dans ce rêve » de Juliette (Gounod) ou « Meine Lippen, si küssen so heiss » de Guiditta (Lehar). C’est à trois temps qu’elle a interprété de célèbres refrains de La Veuve joyeuse (Lehar), les Trois Valses (Oscar Strauss) ou Les Chemins de l’amour (Poulenc), La Chauve-souris (Johann Strauss), L’Amour masqué (Messager), portés jusqu’au climax expressif en compagnie et grâce à un pianiste de haut-vol, davantage connu des Marseillais pour ses vertus de chef du Chœur de l’Opéra de Marseille (voir www.journalzibeline.fr/critique/noel-au-choeur) : Emmanuel Trenque. Malgré un piano médiocre, le musicien a marqué les esprits par son jeu sensible et engagé, chantant, interrogeant et s’exclamant au fil d’impulsions engageantes ou de retenues suspensives, formidablement à l’écoute de sa partenaire. Leur duo a fait mouche !

A l’Alcazar, valeur ajoutée à l’esprit de fête, on en a également appris sur cette fameuse danse, cette « valse », née populaire dans les faubourgs de Vienne, ayant acquis ses lettres de noblesse en gagnant le centre de la capitale au temps des Habsbourg… avant de conquérir les théâtres. Lionel Pons, en fin musicologue, nous en a dessiné les contours ternaires, situant dans le temps et le sujet du jour les opus, les compositeurs, allant même jusqu’à interpréter, en compagnie de sa compère et maîtresse des lieux Marie-Anne Baillon, quelques scènes parlées, tirées de livrets ou pièces cocasses… Aux saluts, le public a chaleureusement applaudi les protagonistes d’une manifestation opportune (on donnait La Chauve-souris à l’Opéra de Marseille pour le passage à 2017).

JACQUES FRESCHEL
Décembre 2016

Concert-conférence autour de « La Valse » à l’Alcazar, le 16 décembre, en partenariat avec l’Opéra de Marseille

Photo : Armelle Khourdoïan et Emmanuel Trenque © Alcazar/Carine Barbotte

 

 

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