Célia Perrard, Vincent Beer-Demander et Thomas Keck en concert

Trois pincés !Vu par Zibeline

De la lyre d’Orphée aux compositeurs contemporains, les cordes pincées continuent de charmer…

Issus de l’Ensemble C Barré, Vincent Beer-Demander, mandoline, Thomas Keck, guitare, Célia Perrard, harpe, nous font voyager et croiser des répertories variés, du baroque au contemporain. Il est beau de voir trois jeunes musiciens et enseignants ne pas se figer dans un répertoire formaté (Vivaldi, Sor, Debussy…). La boucle ibérique contemporaine permet de découvrir deux très belles pièces : le Preludio a Hendécaméron (création Gmem 2012) de Miguel Gálvez-Taroncher, aspérités atonales, accords rugueux alternant avec des plages tonales méditatives et Trois autres perspectives d’une absence d’Iván Solano, présent dans la salle Musicatreize, palette magnifique de sonorités impressionnistes et concrètes, tableaux contemporains ciselés. On découvre la belle technique de Vincent Beer-Demander dans le Crépuscule du marseillais Laurent Fantauzzi. La Sonate pour mandoline et harpe, la seule en 4 mouvements de Domenico Scarlatti, nous rappelle que le compositeur était au service du Roi d’Espagne Ferdinand VI : bel équilibre entre le dessus et le continuo, entre exubérance et plainte. Célia Perrard donne toute son expression dans la danse de Granados, Orientale, main gauche arpégée sur un thème mélodique inspiré. Thomas Keck, élégant, capte le public par une technique impressionnante dans la transcription pour guitare de la redoutée Suite Espagnole d’Albéniz. Mais il s’exprime véritablement dans le superbe Tiento de Maurice Ohanna, où il retrouve, rageur, le duende populaire. Ce Tiento faisant suite à la très belle Follia, anonyme, pour mandoline et guitare, les deux musiciens se jouant du  thème et des 8 variations avec panache.

YVES BERGÉ
Février 2013

Ce concert s’est donné le 20 février dans la salle Musicatreize, et le 21 février dans le cadre du festival de Chaillol.