Les Voix de l’enfance, sujet principal des Assises de la traduction littéraire qui ont eu lieu du 6 au 8 novembre, à Arles

Traduire l’enfanceLu par Zibeline

• 6 novembre 2015 •
Les Voix de l’enfance, sujet principal des Assises de la traduction littéraire qui ont eu lieu du 6 au 8 novembre, à Arles - Zibeline

Les trente deuxièmes Assises de la traduction littéraire, organisées par ATLAS* se sont tenues à Arles du 6 au 8 novembre. Le thème directeur, Les Voix de l’enfance, était présenté lors de la conférence inaugurale, dialogue entre Maya Michalon et Sylvie Germain qui élargit le sujet aux autres arts, musique, peinture… montre le caractère universel et éminemment particulier de l’enfance, souligne les multiples façons d’en parler, «la voix de l’enfance peut s’exprimer autrement que dans les dialogues, par les regards, les gestes, le ressenti…». Aux questions du public, à propos de Magnus, elle sourit : «C’est mon propre ours qui m’a inspirée… l’ours en peluche, le compagnon de l’enfance, le joint par excellence… Ce joint peut être un morceau de tissu ou n’importe quoi sur lequel peut se cristalliser une mémoire.» Elle se refuse au «bidouillage factice». «Pour refaire la voix de l’enfant (…) la manière de parler de l’enfance tient de la poésie dans son tâtonnement, dans sa représentation poétique du monde, car il n’a pas tout compris, prend les mots au pied de la lettre (…) je préfère le discours indirect pour le transcrire, car mimer sa manière de parler, pour moi, ce serait faux.» Et quand on lui demande s’il y a une écriture féminine, elle rétorque : «Pour moi, auteur, écrivain, sont des mots neutres. Par son imaginaire, l’écrivain dépasse la loi du genre et des âges.» Maya Michalon animait ensuite avec une grande finesse la table ronde Gavroches d’ailleurs, qui réunissait trois traducteurs de récits fondateurs, Nathalie Castagné pour Pinocchio de Collodi, Bernard Hœpffner pour Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain et Aline Schulman pour La vie du truand Don Pablos de Ségovie, vagabond exemplaire et modèle des filous (El Buscón) de Quevedo. Les trois traducteurs livraient une approche pertinente sur la composition, la réception, l’influence des œuvres présentées. Comment transcrire la voix de l’enfance lorsque l’on traduit ? «Trop d’analyse tue la traduction, il s’agit d’un savant mélange d’intuition et d’analyse et il faut garder cette dernière à postériori… Il n’y a pas de technique particulière pour traduire une voix d’enfant, c’est l’auteur qui la transcrit…On essaie d’entendre au mieux ce que l’on traduit.» Les lectures soulignaient par elles-mêmes l’excellence du propos.

MARYVONNE COLOMBANI
Novembre 2015

La conférence a eu lieu le 6 novembre au Capitole, à Arles, lors des Assises de la traduction littéraire

*ATLAS : Association pour la promotion de la traduction littéraire

Photo : Assises de la traduction littéraire Arles, table ronde Gavroches d’ailleurs © Romain Boutillier, ATLAS