La conquête de Marsègue de Gilles Ascaride, rêve héroïque de Testard, publié aux Éditions du Fioupélan

Toute ressemblance avec…Lu par Zibeline

La conquête de Marsègue de Gilles Ascaride, rêve héroïque de Testard, publié aux Éditions du Fioupélan - Zibeline

À quelques semaines des municipales, le dernier ouvrage de Gilles Ascaride, un des princes affirmés de l’overlittérature, ne se lit pas sans une certaine jubilation. La conquête de Marsègue, le titre lorgne ouvertement vers Zola, cité en épigraphe : «La ville crut qu’elle venait de faire un rêve héroïque.» De fait, c’est de cela qu’il est question, d’un rêve héroïque, celui de Testard. Une sorte d’ermite qui s’acharne depuis des années à écrire un roman, un «polar marséguais», dans une «grande métropole du sud» en bordure de Méditerranée, dotée d’une avenue du Chanvre, d’un Port-Vieil, d’un fort Saint Nicomède, d’un stade abandonné aux tribus de Mange-Ballon, Mélehouaï et autres Aime-Tes-Pets etc… etc… On l’aura compris, cette Marsègue qu’il s’agit de conquérir ressemble fort à une cité méridionale bien connue. Y règnent la saleté, la misère et la corruption. Alors la vision de Testard, qui constitue le gros du récit, c’est celle d’une révolution, d’un méga pastis concocté par le peuple pour en finir, à coups d’aïoli toxique et de citrons pourris. Une vision forcément délirante puisqu’elle conduit à la fuite de tous les édiles et à la victoire des plus faibles. Fable épico-politique, utopie déjantée et un brin mégalomaniaque, le récit de Gilles Ascaride offre l’occasion de croiser des personnages hauts en couleurs, le maire à vie, les politiciens véreux, les Ratepenades et même certains de ses confrères en overlittérature comme Frédo le Fada. Celle surtout de goûter à son sens du «parler marséguais» et de s’en régaler sans modération.

FRED ROBERT
Mars 2014

La Conquête de Marsègue
Gilles Ascaride
Éditions du Fioupélan, 14 €