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Vu par Zibeline

Ovni participatif signé Christian Mazzuchini

Tous pétris d’histoires !

• 19 décembre 2018⇒21 décembre 2018 •
Ovni participatif signé Christian Mazzuchini - Zibeline

En trois soirées, l’ovni participatif Gens d’ici, Rêves d’ailleurs de Christian Mazzuchini a réuni successivement sur scène une trentaine d’interventions de personnes croisées, issues de lieux associatifs ou tout simplement rencontrées dans la rue, au tabac à l’arrêt de bus… Tous, en quelques minutes, se sont racontés, anecdote savoureuse de l’un, danse de l’autre, classique ou hip hop, chant d’oiseaux, chant de chœurs, cours de théâtre… peu importe l’origine de ces personnages (enfants d’une maison de quartier ou sénatrice) qui entrent sur scène, nés des souvenirs ou de l’imagination du protagoniste, (Christian Mazzuchini), dont la folie douce lui fait croire qu’il est toujours acteur, alors qu’il se trouve dans une maison de retraite dirigée par deux personnages sortis tout droit d’un film de Fellini, qui tiendrait de La Strada, Amarcord et Huit et demi, dont les airs accompagnent les « envolées » de Roland Peyron, tandis que d’Alain Cesco Résia endosse un rôle qui tient du bateleur d’un cirque désuet. Tout s’enchaîne en un rythme vif, orchestré dans la scénographie de Maryline Le Minoux qui confie après le spectacle « l’essentiel est de savoir s’effacer, ne pas se servir des autres comme de repoussoirs, oublier tout ego… ». Est-ce parce que c’est la nuit qui permet « d’y voir plus clair », la magie des mots, qui s’autorisent tous les jeux possibles, du coq à l’âne aux glissements sur les paronymes, les frottements poétiques où la métaphore prend corps, le texte de Michel Bellier, additionné de la verve de Christian Mazzuchini, accorde aux élucubrations désordonnées du vieil acteur retraité la profondeur d’un manifeste littéraire : mise en évidence de ce qui fait le vrai dans l’art, porosité entre le jeu et la réalité, dans une mise en abyme des rôles. L’acteur se définit « jacteur », tout en posant le doute sur les mots ; qui parle ? Le comédien, son personnage ? « C’est moi que je me ressemble, (…) que je suis mon sosie », « J’ai rêvé que j’étais là »… Dans ce rêve qui est « un voyage sans voyager », on peut avoir peur de tomber « dans un trou de mémoire », on s’étonne de la curiosité de « trop de soleil nuit » et l’on se construit de nos histoires et de celles que l’on nous raconte. Tout est fiction…

MARYVONNE COLOMBANI
Janvier 2019

Photo: Gens d’ici … © Richard Patatut

Spectacle donné les 19, 20 et 21 décembre au Bois de l’Aune, Aix-en-Provence.


Théâtre du Bois de l’Aune
1 Place Victor Schoelcher
13090 Aix-en-Provence
04 88 71 74 80
boisdelaune.fr