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Vu par Zibeline

Wonderful One d'Abou Lagraa, la danse de l'unicité

Tous merveilleusement en vie

Wonderful One d'Abou Lagraa, la danse de l'unicité - Zibeline

Lors de son précédent passage sur le grand plateau du théâtre Liberté, Abou Lagraa s’était distingué par une chorégraphie inspirée du poème biblique Le Cantique des cantiques adapté à la scène par Mickaël Serre. Trois ans plus tard il revient à la source avec Wonderful One, délaissant toute narration -même poétique- pour se focaliser sur l’intensité du mouvement élégant et fluide, précieux et délié, qui lui permet de toucher à « l’être merveilleux ». Une pièce double qui associe un duo masculin suivi d’un trio féminin habités par de superbes interprètes : Ludovic Collura et Pascal Beugré-Tellier brûlants d’intensité, Nawal Lagraa, Sandra Savin et Antonia Vitti envoûtées par leur désir « d’être merveilleusement en vie ». Le combat de Tancrède et Clorinde de Monteverdi lui offrent l’occasion de déployer une grammaire riche d’écritures contemporaine, classique et baroque entremêlées. Successions d’étincelles virtuoses offertes par le duo qui tangue, ivre de sentiments contradictoires, se déchaîne, s’unit et se désunit, se réconforte entre rires et pleurs. Une force interne faisant vriller leur corps. Échappés ensemble d’une « grotte » immaculée, mère protectrice, les danseurs s’y retrouveront à nouveau enlacés, apaisés, après avoir mené un long combat. De la danse au sol à l’élévation, la composition est une métaphore éclairée de l’ascension salvatrice de l’homme qui « garde la foi et l’espoir dans la sève vitale que chaque être humain possède ». Trois claustras blancs délimitent l’espace de vie du trio féminin : espace d’enfermement ? De jeu ? De transgression ? Avec une savante maîtrise de l’évitement et de l’affrontement, Abou Lagraa propulse ses trois danseuses dans un canevas d’émotions et de sensations jusqu’à entrer en transe sur la musique soufie des Percussions de Fez, comme dans une spirale infernale. Leurs tensions intérieures se libèrent, la volupté les gagne, les corps s’abandonnent avec frénésie, les mouvements déhanchés et déséquilibrés se déchainent. Duo et trio, masculin et féminin… Abou Lagraa magnifie l’être humain en dansant son unicité.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Février 2018

Wonderful One a été donné le 3 février au Théâtre Liberté scène nationale de Toulon et du 6 au 10 février aux Bernardines à Marseille

Photo : Wonderful One c Jeanne Garraud


Théâtre des Bernardines
17 Boulevard Garibaldi
13001 Marseille
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net/


Théâtre Liberté
Grand Hôtel
Place de la Liberté
83000 Toulon
04 98 00 56 76
www.theatre-liberte.fr