Au J1, les expositions de l'Atelier du Large, La grâce du hasard et Encore un beau jour, visibles jusqu'au 22 décembre

Tous chercheursLu par Zibeline

• 11 octobre 2013⇒22 décembre 2013 •
Au J1, les expositions de l'Atelier du Large, La grâce du hasard et Encore un beau jour, visibles jusqu'au 22 décembre - Zibeline

Le J1 a rouvert ses portes et fait désormais partie des pratiques culturelles diurnes des Marseillais. Mais il ferme dans quelques jours !

Les expositions ouvertes le 11 octobre (voir ici chronique sur  Le Corbusier et la question du brutalisme) achèvent les cycles et les actions de l’Atelier du Large : projections en continu de Martine Derain, ateliers pour enfants de Fotokino, Les Rêveurs de Séverine Mathieu et Emmanuel Vigier, un voyage de Fred Nevchehirlian, les portraits du Cours Ju de Mathieu Verdeil et Fred Lévy… ou les expositions de Thomas Mailaender ou Zineb Sedira. Résultats d’Ateliers de l’Euroméditerranée ou d’Actions participatives impliquant des entreprises et des salariés, cette nouvelle pratique culturelle souligne autrement l’implication des habitants dans la Capitale culturelle.
Une exposition double complète le parcours : La grâce du hasard rassemble les portraits issus de la collecte du Photomaton installé au J1. 14 000 portraits ont été collectés. Jean-Pierre Moulères, responsable du projet, explique la grâce qui se dégage des séries retenues par l’intimité de la chambre photographique, l’absence de regard qui libère de la pudeur, les réactions chimiques mal maitrisées qui donnent du sépia aléatoire, et le déclenchement inopiné qui capture le hasard. Le mur des baisers est particulièrement intime !
L’autre partie de l’exposition, intitulée Encore un beau jour, expose les images marquantes des Albums de famille collectés sur le site Chercheurs de midi. Et là l’œil est comme fasciné : ces photos sont les mêmes que celles qui trainent dans nos tiroirs et racontent notre passé, celui de nos familles. On y retrouve la toile cirée des années 70, la bouteille de champagne sur la table de fête, nos pins tordus devant la mer, ces enfants qui ressemblent à ceux qu’on était, ces parents aux nôtres. Des histoires se cachent et s’exhibent autour de chaque cliché, et l’accrochage fait surgir l’en-commun comme une épiphanie. Jean-Pierre Moulères voulait tracer un portrait du midi dans une capitale plus largement méditerranéenne. Il y a réussi avec chaleur.
Une recherche dont on aimerait qu’elle se poursuive : la constitution d’archives du midi, et leur exposition, ne serait-elle pas intéressante pour le MuCEM ? Quant au J1, son avenir dépend du Port Autonome. Avant tout projet, il faut refaire la toiture. Mais il est impensable que ce lieu idéalement situé redevienne inaccessible au promeneur…

AGNÈS FRESCHEL

Novembre 2013

L’atelier du Large
J1, Marseille
jusqu’au 22 décembre

Chercheurs de midi
Un album des albums
Jean Pierre Moulères, Dominique Cabrera
Bec en l’air