Les visages de l'Orchestre Philharmonique de Marseille

Tomasi «moderne» ?Vu par Zibeline

Les visages de l'Orchestre Philharmonique de Marseille - Zibeline

Le concert programmé exceptionnellement dans l’antre sombre (et un peu froide) du Silo rénové sur les quais de la Joliette, a présenté, le 18 janvier, plusieurs visages de l’Orchestre Philharmonique de Marseille. Si la récente création, Tapei Horizon de l’Allemand Christian Jost, malgré des qualités de rythme et de tension patentes, n’a pas reçu l’accueil escompté, il n’en n’a pas été de même pour la re-création du Concerto pour violon d’Henri Tomasi. Pour une fois, le public marseillais a fait mentir l’adage «nul n’est prophète en son pays !». De fait cette dernière partition, quoique créée en 1971, a sonné, par bien des aspects, plus «moderne» que l’opus précédent… postérieur de 40 ans. Une situation paradoxale s’il en est, puisque Tomasi fut déprécié en son temps par l’avant-garde radicale française qui le jugeait trop «classique» ! Aujourd’hui, son Retour à Tipasa  se trouve même à l’affiche du Festival Présences de Radio France, antre de l’avant-garde décentralisée à Aix à l’occasion de MP2013 (le 24 janvier : Camus méditerranéen).

Les dissonances incisives du Concerto, la surprise des jeux de silence, les rebondissements du discours, son lyrisme rapsodique, la palette des couleurs, les suspensions expressionnistes ont d’emblée frappé l’oreille, en regard de l’œuvre de Jost, certes étourdissante, mais d’une facture plutôt «convenue» dans le paysage créatif actuel… Le jeu vibrant de Laurent Korcia, comme la direction assurée et rassurante du chef Georges Pehlivanian, ont contribué au succès de ce nouvel opus exhumé du Corso-marseillais. En seconde partie, on a renoué avec un programme plus coutumier, car la phalange municipale, conduite avec emphase, a livré une belle interprétation de la 2e symphonie de Brahms.

JACQUES FRESCHEL
Janvier 2013