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L'histoire de l'athlète de la course Emil Zatopek racontée par Thierry Romanens

Théâtre athlétique

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L'histoire de l'athlète de la course Emil Zatopek racontée par Thierry Romanens - Zibeline

« Voici l’histoire de l’homme qui va courir le plus vite sur terre »… Thierry Romanens, vêtu d’un jogging des années 50, brandit le livre de Jean Echenoz, Courir. Ce court roman s’attache à raconter la vie de la « locomotive tchèque », Emil Zatopek (1922-2000), la tissant avec les remuements du monde, montée du nazisme, guerre, emprise des pays communistes, rideau de fer, espoirs avortés du printemps de Prague, mais aussi avec une histoire du sport, son évolution, ses utilisations politiques. Le jeune homme timide et modeste, employé dans l’usine de chaussures Bata de Zlín, après sa participation « forcée » à la Course à travers Zlín organisée par son entreprise, où il arrive deuxième, prend goût à la course. Il s’entraîne, seul, trouve peu à peu ses propres techniques, lit les diverses méthodes, peaufine la sienne… l’inventeur de la course fractionnée, c’est lui, et le sprint final aussi ! Thierry Romanens, accompagné avec une virtuosité complice par le trio de jazz Format A’3, Alexis Gfeller (piano), Fabien Sevilla (contrebasse), Patrick Dufresne (batterie et effets électroniques), nous fait entrer dans cette épopée solitaire où l’effort personnel, le dépassement de soi, la persévérance sont portés au plus haut degré : Zatopek, à la course inclassable et grimaçante, travaille tout le temps, dépassant la douleur, repoussant sans cesse les limites. « Rien qu’en s’entraînant, Emil aura couru trois fois le tour de la Terre ». On assiste dans un rythme époustouflant à l’éclosion du héros des stades. Le comédien, athlète en scène, court, infatigable lui aussi, dessine finement les personnages, joue sur les frontières, entre incarnation et récit distancié, accorde au texte le souffle d’une performance poétique où le chant ourle le sens d’émotions puissantes, accorde à l’histoire son souffle épique et tragique : le spectre de la dictature enserre dans son étau toute velléité de parole libre. Bouleversant de justesse et de pertinence.

MARYVONNE COLOMBANI
Mai 2019

Courir a été joué le 9 mai au théâtre Durance, Château-Arnoux-Saint-Auban

Photo : COURIR© Mercedes Riedy


Théâtre Durance
Avenue des Lauzières
04160 Château-Arnoux-Saint-Auban
04 92 64 27 34
http://www.theatredurance.fr/